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Samedi 23 Mai 2020 - 17:02

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Mercredi 20 mai, les Burundais étaient allés nombreux répondre à l'appel citoyen pour le scrutin en vue de l’élection du nouveau président de la République, de leurs représentants à l’Assemblée nationale et aux assemblées locales. Ils étaient si nombreux que le contexte de crise sanitaire actuel, avec les risques de propagation de la maladie que l'on a pu craindre à juste titre ne les a pas découragés.
Le Burundi, comme la plupart de ses voisins est un pays à l'histoire mouvementée. Avant et depuis ses premières années d’indépendance, il a connu des alternances dramatiques au sommet de l’Etat. Tout récemment, en 2015, le renouvellement du mandat du président sortant, Pierre Nkurunziza, l’avait encore plongé dans des violences inouïes. Certains de ses fils et filles l’ont payé de leurs vies, d'autres ont été contraints à l’exil.
Au regard des images vues mercredi passé, il semble que l'attachement au pays demeure inébranlable chez ce peuple travailleur du Burundi. Pour qui a visité ce petit État d'Afrique centrale aux potentialités touristiques indéniables et dont l’ancienne capitale, Bujumbura, porte l’essentiel de son âme, sait combien les Burundaises et les Burundais passent beaucoup de temps au travail de la terre. Or être attaché au travail de la terre est un signe d'amour pour son pays d’autant plus que tout commence et s’arrête par le contact avec la terre, cette mamelle nourricière que les humains tiennent en estime.
En tout état de cause, il suffit aux politiques burundais de résoudre leurs contradictions, ils se rendront compte de la manière dont leurs compatriotes donneront du sens à l'avenir de leur beau pays. Ils en ont offert une preuve supplémentaire le 20 mai en communiquant presque par télépathie avec leurs frères et sœurs qui sont en exil. Ces derniers se sont exprimés sur les médias internationaux le jour du vote, les plus optimistes d'entre eux ont dit leur envie de retourner au bercail et souhaité une bonne sortie électorale à la mère-patrie. L'espoir n'est donc jamais perdu pour des peuples qui savent être fiers d’eux-mêmes.
Certes, la rhétorique des fraudes massives, des bourrages d’urnes n’est jamais loin. On peut même dire qu’elle fait partie de l’ADN des processus électoraux sur le continent. Chacun sait par ailleurs que l'Afrique a rarement été vue en peinture de l'extérieur du fait des crises de tous ordres qui s'y déroulent. Les alternances difficiles au sommet des États construisent ce discours railleur et condescendant mais tout à la fois compréhensible. Aux peuples et aux dirigeants de ce continent de savoir montrer à la face du monde qu’ils peuvent proposer autre chose que la violence postélectorale.
Dans quelques jours, ou quelques heures, les résultats de ce triple scrutin seront rendus publics. S’il est un fauteuil que ne gagne qu’un seul candidat, quel qu’en soit le nombre de prétendants, il est bien celui du président de la République. Il est malheureusement aussi celui qui secrète les haines de toutes sortes quand les parties en présence refusent de placer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus du reste.
D’où cet appel lancé aux frères Burundais de toutes les obédiences politiques : faites que cette fois ne naisse une nouvelle génération de candidats à l’exil, que les larmes et le sang qui ont suffisamment coulé dans ce pays dont la devise est un honorable triptyque Unité-Travail-Progrès cessent à tout jamais.

Gankama N'Siah

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