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Mardi 2 Juin 2020 - 18:13

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Le moins que l’on puisse dire concernant l’assassinat du citoyen afro-américain George Floyd par un policier à Minneapolis, dans l’Etat du Minnesota, est qu’il projette des Etats-Unis une image détestable : détestable parce qu’il prouve que le racisme demeure bien présent dans la société américaine, détestable parce qu’il confirme le peu d’attention que le président Donald Trump porte à ce problème, détestable parce qu’il témoigne d’une instabilité interne pour le moins inquiétante d’une des plus puissantes nations de ce temps.

Alors que les cartes sont rebattues sur la table du poker stratégique mondial avec l’irrésistible montée en puissance de la Chine, la distanciation de la Russie par rapport aux Etats-Unis, l’affaiblissement de l’Union Européenne, l’aggravation des tensions au Proche et au Moyen-Orient, le fait de voir la Maison-Blanche assiégée par des manifestants antiracistes aussi nombreux que déterminés dégrade au sens propre du terme l’image d’un Etat fort, stable, libéral, ouvert, démocratique que les prédécesseurs de Donald Trump avaient réussi à imposer tout au long des quatre-vingt dernières années. Il nous ramène loin, très loin en arrière lorsque les Etats américains du Nord et du Sud s’affrontèrent les armes à la main, de 1861 à 1865, avant de s’unir pour créer les Etats-Unis.

Certes l’Histoire ne se répètera sûrement pas et l’on peut être certain que le peuple américain parviendra à résoudre le problème auquel il se trouve présentement confronté. Mais ce que les dirigeants présents et à venir des Etats-Unis doivent comprendre c’est qu’ils vont devoir s’employer à restaurer leur image, chez eux bien sûr mais aussi et surtout au-delà de leurs frontières, en Afrique noire notamment qui ressent le drame de Minneapolis comme une blessure personnelle, une atteinte insupportable portée à l’égalité et à la liberté des hommes dans le monde moderne.

Le prix diplomatique, stratégique, de la dérive à laquelle nous assistons au sein de la plus puissante démocratie du globe risque d’être beaucoup plus élevé que les Américains eux-mêmes l’imaginent aujourd’hui. D’où cette idée simple selon laquelle les plus hautes autorités de l’Etat fédéral doivent dès maintenant s’employer à démontrer de mille et une façons qu’elles mettront un terme définitif au racisme, au suprémacisme qui a provoqué le drame de Minneapolis.

 

 

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