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Le Pape comme médiateur

Dimanche 22 Mars 2020 - 12:44

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On peut avoir la conviction que cette lettre, « sourcée », est authentique. Si cela ne venait pas à être le cas, qu’on nous pardonne d’en faire écho. La raison vient de ce que l’intensité de son contenu, le cri du cœur qu’elle libère, rendent compte de la fragilité du monde qui nous accueille, et finalement, minimisent les dissensions, les acrimonies, les animosités qui entourent l’existence humaine.

Cette lettre est celle qu’un Iranien, l’Ayatollah Seyyed Mostafa Mohaghegh Damad, a adressée au Pape François. Elle a été relayée, le 20 mars, par l’Agence Fides, « l'organe d'information des Œuvres pontificales missionnaires du Vatican et tient son siège au palais  Propaganda Fide, au Vatican », comme nous le détaille l’encyclopédie en ligne, Wikipédia.

L’initiateur du courrier, toujours d’après la même source, est « actuellement chef du département des études islamiques de l’académie iranienne des sciences ». Un homme attaché à son pays, sans doute, mais aussi à l’islam, sa religion, dont on peut penser que la proprette longue barbe blanche qu’il arbore, témoigne de la clause pour tout hiérarque du clergé chiite de ne pas déroger à certains symboles.  

L’Ayatollah Seyyed Mostafa s’ouvre au Saint-Père d’un sujet tout à fait ancien, la difficile relation entre son pays et les Etats-Unis, mais un sujet toujours d’actualité au regard des points de friction qui en rejaillissent chaque fois. Depuis plusieurs décennies, l’Iran ploie sous les sanctions américaines. Celles-ci ont été renforcées sous le président Donald Trump alors qu’une grande éclaircie s’était montrée durant les deux mandats de son prédécesseur, Barack Obama, notamment quand fut signé l’accord sur le nucléaire iranien, le 14 juillet 2015, à Vienne, en Autriche.

C’est justement sur cette question des sanctions que le responsable iranien interpelle le Pape François : « Sans juger les causes profondes de ces sanctions inhumaines imposées par les Etats-Unis, en tant que chercheur islamique iranien, je vous demande humblement, en qualité de responsable mondial des catholiques, d’intervenir afin que soient éliminées ces sanctions », implore le rédacteur du courrier. Qu’est-ce qui l’en est poussé ?

La lettre du responsable chiite est motivée par les ravages que provoque le coronavirus en Iran. Avec plus de 1000 morts et près de 20 000 cas confirmés au 19 mars, le pays a, d’après diverses sources, « perdu le contrôle de la pandémie ». Cette situation serait aggravée par les sanctions américaines, ajoute-t-on. C’est aussi l’avis de ce correspondant assez particulier du chef de l’église catholique dans son courrier citant abondamment les saintes écritures.

Seyyed Mostafa veut que l’Amérique, pays où le président élu prête serment la main posée sur la bible se rappelle que « la norme de comportement vis-à-vis des ennemis établis par Jésus ne consiste pas dans leur destruction mais est plutôt celle de la réconciliation ». Il donne carte blanche au Pape d’agir pour la paix et l’amour universels, peut-être devrait-on se demander qu’en pense le gouvernement iranien devant cet appel du pied de l’un de ses éminents citoyens.

Gankama N'Siah

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