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Les Algéries?

Jeudi 12 Décembre 2019 - 9:26

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Ce jeudi, 12 décembre, le peuple algérien est appelé aux urnes pour élire son président de la République. Il a le choix entre cinq prétendants qui, soit dit en passant, ont eu toutes les peines du monde pour battre campagne. Et pour cause. Depuis dix mois, une bonne partie de leurs concitoyens est debout pour réclamer plus de liberté et le départ de la scène politique d’un certain nombre d’anciens dirigeants.

On a par-dessus tout le sentiment de voir s’affronter plusieurs Algéries : celle des manifestants, bien sûr, toujours mobilisés ; celle des responsables qui ont en main les clés du pouvoir depuis le départ forcé de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika ; celle des personnalités en butte à la justice dont les plus emblématiques viennent d’être condamnés à de lourdes peines de prison ; celle d’une partie de la population vue lors de la campagne électorale et qui s’apprête à accomplir son devoir civique, malgré un climat malsain ; celle des personnes extérieures, parmi lesquelles les Algériens eux-mêmes et celles qui sont liées à ce pays pour des intérêts multiples ; celle, enfin, de la majorité silencieuse qui existe, et qui s’interroge sans doute où mèneront à court, moyen et long termes, tous les événements qui se déroulent sous ses yeux.

Il serait de ce fait intéressant de suivre le déroulement du scrutin présidentiel pour se faire une idée du rapport de force qui en sortira. Au cas où des troubles à l’ordre public que l’on redoute ne se produiraient pas, que les Algériens attachés au dénouement de la crise au moyen du suffrage universel s’expriment librement, l’un des cinq candidats en lice serait élu président de la République. Peut-être que deux d’entre eux obtiendraient le ticket pour un ultime second tour destiné à les départager. Les autorités de transition semblent avoir pris les dispositions qui conviennent pour que le processus se conclut dans la quiétude.

Néanmoins, n’ayant pas encore dit leur dernier mot, les hommes et les femmes qui composent avec la rue depuis déjà assez longtemps demeurent une inconnue majeure pour les futures nouvelles autorités. A la recherche d’une alternance qui paraît difficile à improviser, ils pourront continuer d'arpenter les places publiques à Alger et dans d’autres villes du pays. Dans ces conditions, la tâche de l’homme qui prendra la tête de l’Algérie dans les semaines à venir en serait davantage compliquée. A quoi cela servirait-il de ne pas envisager une sorte de paix des braves, de ne pas réaliser que ceux qui prendront la succession de Bouteflika ont retenu la leçon ?

En dépit des griefs qui peuvent lui être portés, l’élection de ce jour ne remplit-elle pas l’office de ce recours légal voué à maintenir l’Algérie dans l’unité dont elle a toujours été si jalouse ?

Les Dépêches de Brazzaville

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