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Samedi 11 Juillet 2020 - 17:29

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Dans la petite histoire de Brazzaville, à ce jour, il est le seul à occuper le poste d’administrateur-maire d’un arrondissement pendant vingt-trois ans sans interruption. Nommé à la tête du premier arrondissement Makélékélé, en 1997, au sortir de la guerre du 5 juin, Maurice Maurel Kihounzou est resté en activité jusqu’au 9 juillet 2020 quand un décret du chef a mis fin à ses fonctions dans le sillage d’autres changements opérés au niveau de l’administration territoriale.

Maurice Maurel Kihounzou a sans aucun doute marqué son passage. Toujours porté au-devant de la scène, il a tenu le coup même pendant les moments de crise, lorsque les milices tentaculaires des dernières décennies jouaient des mauvais tours à la sécurité des personnes et des biens. Du fait de la position de sa circonscription administrative, de l’activisme des membres de l’une de ces milices dans le département du Pool qui jouxte la capitale congolaise, le maire sortant de Makélékélé était quasiment au front.

Kihounzou n’est pas un va-t-en-guerre, mais il n’hésitait pas à user de la langue de son terroir, le lari, pour s’adresser par voie de presse ou lors de ses mémorables prises de parole publiques à ses concitoyens et aux membres de la milice de Frédéric Bintsamou, pasteur Ntoumi. A ces derniers, il demandait notamment de ne pas infliger des souffrances infinies à leurs propres parents, et aussi de s’abstenir de braver inlassablement l’autorité de l’Etat. « Ba nguéno ! », râlait-il quand on le sortait de ses gonds.  

Populiste par les bords, le maire Kihounzou profitait des manifestations du 15 août, la fête de l’indépendance, pour arracher les applaudissements de la foule. Il s’est souvent placé en tête du carré des forces vives de Makélékélé levant le bras et défilant fièrement sur le boulevard Alfred Raoul. Il lui arrivait, semble-t-il, de se trouver quelques traits physiques avec le chef de l’Etat, en exhibant la pointe de cheveux en V sur son visage. A-t-on eu affaire, peut-être, à un homme du sérail prompt à défendre son poste et son camp.

Après plus de deux décennies de service, le maire Maurel laisse Makélékélé sans maison commune, sa bâtisse érigée de longue date ayant été incendiée il y a quatre ans par des assaillants qui, apparemment, n’avaient pas trouvé mieux lors de leur expédition bruyante du 4 avril 2016. Comme c’est souvent le cas chez nous, il faut tout refaire !   

Les Dépêches de Brazzaville

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