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Mémoire

Lundi 19 Octobre 2020 - 19:03

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Les évènements qui marqueront chez nous, tout au long de la semaine prochaine, le quatre-vingtième anniversaire de la venue à Brazzaville du général de Gaulle pour donner une existence réelle à « La France Libre » auront cet effet essentiel de rappeler la place que l’Afrique et pas seulement le Congo ont occupé dans la terrible histoire de la Deuxième Guerre mondiale. De rappeler, par conséquent, à ceux qui sont ou seraient aujourd’hui tentés de l’oublier tout ce que la France mais aussi tout ce que l’Europe dans son ensemble leur doivent.

 

Le devoir de mémoire dont il est ici question s’impose d’autant plus que les difficultés du temps présent, en particulier la crise économique provoquée à l’échelle de la planète par la pandémie du coronavirus, conduisent désormais les Grands de ce monde à oublier, à effacer même, le passé alors que c’est lui qui a permis hier à ces mêmes Grands de gagner sur la scène mondiale la bataille de la liberté. Si l’on ajoute à ce qui précède le rappel du rôle éminent que jouèrent sur les champs de bataille européens les « tirailleurs africains » au côté des troupes françaises tout au long de la Première Guerre mondiale, l’on mesure à quel point le devoir de mémoire s’impose aujourd’hui aux peuples qui seraient tentés, sinon de l’oublier, du moins de le sous-estimer.

 

Dans le temps très particulier que nous vivons où les cartes se rebattent sur la scène stratégique mondiale, rien n’est plus important, en vérité, que de rappeler le rôle essentiel que les pays comme ceux du Bassin du Congo, dont nous occupons le cœur géographique, ont joué dans l’émergence des grandes nations du nord de la planète. Bien au-delà de la colonisation qui les a enrichis plusieurs siècles durant, les peuples européens doivent en effet pour une large part leur liberté présente aux nations du grand Sud où elles entreprirent de se reconstruire dans le temps où leur propre existence se trouvait menacée.

 

Se remémorer le passé n’est pas seulement revivre les évènements qui ont marqué l’Histoire, la grande Histoire. C’est aussi replacer chacun, chaque peuple donc, devant ses responsabilités présentes afin d’en tirer les justes conséquences. Conséquences parmi lesquelles figure en bonne place le devoir qui s’impose aux nations riches d’aider les nations pauvres auxquelles elles doivent pour une large part leur liberté, leur prospérité, leur puissance présente.

Les Dépêches de Brazzaville

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