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Méthode Collinet

Dimanche 5 Avril 2020 - 10:18

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S’il devait déposer au titre de la propriété intellectuelle un brevet ou quelque chose comme ça, pour ce qui s’apparente à un succès dans la volonté d’anticipation, parlerait-il de brevet Makosso, de brevet Anatole, de brevet Collinet, ou de brevet Anatole Collinet Makosso ? La dernière trouvaille paraît fort kilométrique, la première, comme la seconde, a tout l’air de relever des sentiers battus le nom Makosso (ne parlons pas du prénom Anatole) étant très partagé dans le Kouilou et Pointe-Noire contrées d’où est originaire le ministre de l’Enseignement primaire et secondaire, chargé de l’Alphabétisation.

Donc, on pourrait pencher pour brevet Collinet. Un peu original tout de même. Puis, si on veut, on attacherait Collinet à Makosso ou à Anatole. Qu’importe ! Brevet Collinet en effet pour évoquer la méthode que le ministre a mise en route au bénéfice de nos apprenants des collèges et lycées qui doivent affronter, dans quelques mois, les examens d’Etat. En l’occurrence, le brevet d’études du premier cycle et le baccalauréat de l’enseignement général.

Redoutant une année blanche que pourraient induire les effets démobilisateurs de la pandémie du Covid-19, le ministère dont Anatole Collinet Makosso a la charge a postulé que l’école pouvait poursuivre son petit bonhomme de chemin en empruntant de nouvelles voies. Et puisque nos tout-petits sont friands du petit écran, qu’ils ont pour le téléphone et internet une addiction à ne jamais rompre, qu’ils devraient en principe consacrer aussi une partie de leur temps à la lecture des journaux, pourquoi ne pas mettre ces outils à contribution pour leur bien-être scolaire ?

Depuis quelques jours, et cela va se poursuivre le temps de voir un peu plus clair dans l’aboutissement des mesures contre le Covid-19, la Télévision nationale congolaise-Télé Congo- balance sur ses antennes des cours pour les élèves des niveaux concernés. La presse, à travers Les Dépêches de Brazzaville, publie pour le bonheur de ces derniers les mêmes cours « vus à la télé » comme diraient les enfants eux-mêmes.

Il reste le retour d’écoute. En matière de communication, on parlerait de feed-back. Comment les élèves s’y prennent-ils dans ce moment assez particulier ? Les parents qui sont sans doute informés de cette innovation se procurent-ils le journal vendu à 200 FCFA pour leurs protégés ? Les incitent-ils à apprendre à la télévision ? Que pourrait-on attendre des résultats des examens organisés dans ces conditions exceptionnelles ?

Nous ne sommes pas en mesure d’apporter les réponses qu’il faut à ces questions auxquelles on pourrait nous opposer bien d’autres : l’accès au journal pour des familles habitant plus loin, l’accès régulier à la télévision du fait des délestages dans la fourniture en électricité, la situation des apprenants de l’intérieur du pays à l’heure où le confinement touche l’ensemble du territoire national.

Au demeurant, les dispositions ministérielles rappelées plus haut répondent à la volonté d’occuper le temps des vacances des élèves et de minimiser les risques d’une année blanche. Pour ce qui est des résultats attendus au cas où les conditions permettraient d’organiser les examens d’Etat à la fin de l’année scolaire en cours, seuls les élèves qui feront preuve de résilience en récolteront les bénéfices. Pour tout dire, l’initiative des cours à la télé et dans le journal mérite d’être saluée.

Gankama N'Siah

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