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Tenir bon

Samedi 25 Janvier 2020 - 16:52

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Peut-être qu’en République démocratique du Congo, « tenir bon », est-ce la devise pour les alliés des deux camps qui se partagent le pouvoir sous Félix Tshisekedi. Il n’est que de songer aux vigoureux échanges de « civilités » entre les parties chaque fois qu’une occasion se présente. La dernière en date a été la sortie du président de la République, dimanche 19 janvier, dans laquelle il avançait l’idée de dissoudre l’Assemblée nationale, s’il considérait que le quota majoritaire des élus qui siègent au sein de cette chambre, et qui échappe à son contrôle, constituerait un obstacle à la réalisation de son programme.

Tout de suite après, disons, mardi 21 janvier, la réplique à cet avertissement présidentiel est venue de la présidente de l’Assemblée nationale, membre du Front commun pour le Congo-FCC-, une coalition dont la loyauté à l’égard de l’ancien président, Joseph Kabila, n’est plus à démontrer. Jeanine Mabunda semblait ne pas aller par quatre chemins pour rappeler au chef de l’Etat qu’un certain nombre de « malentendus » pouvant alimenter des accusations de « haute trahison » sont à éviter. Sur une radio internationale, un autre proche de l’ « autorité morale » du FCC mettait un peu d’eau dans son vin en assurant qu’il n’y a pas de nuages dans le ciel du CACH-FCC.

Tout indique, pourtant, à l’écoute des déclarations des uns et des autres, que la consigne donnée aux partisans du président de la République, comme à ceux de son prédécesseur soit de « tenir bon ». Tenir bon jusqu’à la fin du mandat, de sorte à mieux se préparer pour l’échéance présidentielle future. Il n’est plus un secret pour personne que les fidèles de Joseph Kabila l’ont en repérage pour cette bataille pour la fonction suprême ; que ceux de Félix Tshisekedi entendent bien voir leur leader parachever son programme dans le cadre d’un second mandat présidentiel « plein » après l’actuel, semé de suspicions, qu’il partage littéralement avec son allié.  

Ceci dit, il faut se féliciter que jusqu’à présent, Félix et Joseph se tiennent plus ou moins au-dessus- de leurs mêlées respectives. Par expérience, quand ils veulent tout obtenir de leurs chefs, les collaborateurs peuvent alimenter des rumeurs, allumer des incendies, prétendre qu’attendre encore un peu, écouter l’autre serait un signe de faiblesse. Il revient à ces derniers, les chefs, d’épuiser toutes les procédures, dans le cas présent de voir que la bataille qui vaille est celle d’accorder plus d’attention à leurs compatriotes qui vivent dans la précarité. A ce titre, s’invectiver par médias interposés, tirer la couverture à soi ne peuvent que produire le contraire des engagements de soutien mutuel pris par le FCC et CACH dans des circonstances que l’on sait particulières. A moins qu’ils ne se supportent plus vraiment. Est-ce le cas après une année de vie en commun ? Observons !

Gankama N'Siah

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