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Dimanche 29 Septembre 2019 - 11:14

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Voyons comment les médias et ceux qui y exercent leur métier de journaliste ont fini par conditionner notre façon d'apprécier les événements qui se déroulent sous nos yeux; comment nous ont-ils tous presque sensiblement convertis. A commencer par le choix qu'ils font de tout considérer en fonction de leur propre perception de la réalité, de leurs intérêts. Ils sont si puissants, les médias, que la société humaine, à force de les suivre, est devenue un monde fortement étiqueté. 

Essayons d'y comprendre quelque chose. Connaissez-vous l'identité de ces hommes et ces femmes, en colère, qui battent le macadam dans les rues de Hong-Kong depuis de longues semaines; que la police charge de temps en temps lorsqu'elle estime que ces derniers pourraient, si elle n'y prend garde, contrevenir à l'ordre public? Ce sont des manifestants pro démocratie qui défendent leurs libertés. Les autorités hongkongaises et de Chine continentale sont, quant à elles, convaincues qu'une main externe, venue de loin, attise le feu pour des raisons inavouées.

Savez-vous seulement comment appelle-t-on ceux et celles qui à dates variables, expriment leur colère ou leur désarroi en écumant les grand-places à Istanbul, Taïpei, Moscou ou Téhéran? Ce sont des manifestants pro européens qui réclament plus de liberté et de démocratie. Pour le cas de Taipei, la pression vise Beijing; pour les trois autres capitales citées plus haut, elle l'est à l'égard de leurs gouvernements respectifs, lesquels n'hésitent pas à montrer du doigt l'Occident manipulateur.

Avez-vous à l'esprit le bon mot pour nommer les manifestants qui, à Paris et dans d'autres grandes villes françaises, avaient, dans un passé tout à fait récent, allumé du feu dans les rues pour dire leur colère, se chauffer, incendier et dégrader les biens publics, faucher forces de l'ordre, journalistes et autres infortunés? C'étaient des personnes mobilisées pour exiger plus de justice dans un État de droit qui leur en reconnaîtrait de moins en moins depuis des décennies. La couleur du gilet qu'ils portaient pour l'occasion les a faits identifier comme des gilets jaunes. 

Que dire de ces esprits un peu retors quand on parle protection  de l'environnement, changement climatique ou réchauffement de la planète? Ce sont d'indécrottables climato-sceptiques que le tribunal du mieux vivre dans un monde débarrassé de pollutions malheureusement peine à condamner du fait d'imbrications politico-économico-diplomatiques à l'échelle planétaire. Parce que dit-on, le deal sur l'environnement est aussi affaire de gros sous. 

Enfin, êtes-vous pour la sortie de la Grande-Bretagne de l'Europe des 28 ou bien militez-vous pour son maintien dans cette grande famille en perpétuelle construction? Vous le saurez en écoutant dire de vous que vous êtes pro ou anti-Brexit. Pas mal vraiment les étiquettes. Surtout grâce à la presse, aux médias qui en sont des inventeurs à la fois ingénieux et imbattables. 

Gankama N'Siah

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