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Traditions

Mardi 4 Juin 2019 - 12:06

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Même si une telle affirmation paraît quelque peu utopique dans le monde où nous vivons et que domine la mondialisation, le maintien, la protection des traditions héritées du passé s’avèrent plus que jamais nécessaires. En veillant, bien sûr, à ce qu’ils ne mettent pas en danger les libertés individuelles et collectives acquises non sans mal tout au long des derniers siècles, mais en faisant en sorte qu’ils protègent l’histoire de nos peuples et enseignent aux nouvelles générations les valeurs que le modernisme tend à détruire.

L’Afrique étant le continent qui a su le mieux, du moins jusqu’à présent, protéger ce legs dont la valeur est inestimable, le temps est certainement venu de conduire des actions collectives sur toute son étendue géographique afin que l’art, la littérature, la musique, la coutume, la mode même hérités des temps anciens ne sombrent pas dans l’universalisme destructeur que porte en eux la mondialisation, l’universalisme. En commençant par la construction des lieux de mémoire où seront rassemblés les pièces et les documents hérités du passé, par la multiplication des rencontres et des colloques qui permettront aux experts d’en débattre et au public de s’en pénétrer, par la multiplication des parcours qui donneront aux visiteurs et aux touristes la possibilité de s’imprégner du passé.

Bref en faisant ce que nous-mêmes, Congolais, avons entrepris de faire ces dernières années avec l’édification du Musée de Loango, du Musée kiebe-kiebe à Ngolodoua, de notre propre Musée Galerie du Bassin du Congo qui abrite en plein cœur de Brazzaville des milliers d’objets d’art intimement liés aux us et coutumes de l’Afrique centrale. L’Egypte ayant depuis longtemps démontré l’attrait que constituent pour les peuples de tous les continents la protection et la mise en valeur de cet héritage plurimillénaire, cela n’a rien d’illusoire ni d’impossible.

Dans le moment que nous vivons où le Congo sort de la crise économique et financière qui l’a durement frappé ces quatre dernières années, faire de la mémoire collective un objectif majeur ne peut avoir que des retombées positives pour la nation tout entière. Surtout si se développe entre les deux rives du fleuve Congo une coopération qui permettra de ressusciter le passé commun que la colonisation s’était efforcée d’effacer, mais que le respect des traditions a protégé tout au long des deux derniers siècles.

 

 

Les Dépêches de Brazzaville

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