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Violence

Mardi 19 Novembre 2019 - 10:48

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Que la violence soit devenue, chez nous comme partout ailleurs dans le monde, un moyen de se protéger ou de se faire une place dans la société n’a rien de bien surprenant. C’est cette pratique, aussi vieille que l’humanité, que les démocraties modernes ont appris à combattre avec une efficacité certaine en imposant l’Etat de droit qui est le meilleur outil de lutte contre ce genre de comportement. Et c’est ce même Etat de droit qui mettra un terme aux dérives que provoquent notamment chez nous les actions des jeunes dits « bébés noirs » qui font maintenant régner l’insécurité dans la plupart des grandes villes du Congo.

Mais ce qu’il convient d’ajouter en complément de l’engagement pris en fin de semaine dernière devant les députés par le Premier ministre, Clément Mouamba, c’est qu’il ne suffira pas, pour mettre fin à ces pratiques, de mobiliser les pouvoirs publics dans leurs différentes formes. Il faut aussi et surtout que la société civile se mobilise elle-même afin d’empêcher les jeunes de sombrer dans la violence que nombre d’entre eux perçoivent comme la seule façon de se protéger, voire même de survivre. Et ce n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui même si les protestations véhémentes se multiplient au sein de cette même société civile contre les agissements des « bébés noirs ».

Que les choses soient claires pour tout le monde : arrêter ceux qui s’affrontent dans la rue sous le moindre prétexte ne permettra pas de combattre ce cancer social. Il faudra simultanément que ceux qui l’entretiennent soient réintégrés dans la société, d’abord bien sûr dans le cadre de l’école, mais également dans celui de l’emploi car c’est bien en les éduquant puis en leur procurant un travail, aussi simple soit-il, qu’ils comprendront que la violence ne peut en rien les tirer de la misère qui les a jetés dans la rue. Et ce travail, seule la société civile dans ses différentes composantes est à même de le faire.

Dans le même temps donc où la police marquera de façon claire sa volonté de lutter contre les désordres que provoquent les « bébés noirs » mais aussi des maffias qui ne disent pas leur nom, les simples citoyens que nous sommes doivent eux-mêmes s’activer pour y mettre un terme. Et faire en sorte que ce type de dérive se trouve inscrit en bonne place dans les débats qui vont marquer le dialogue social dans les semaines à venir.

 

 

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