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Trump, Poutine, Zelensky et les "Volontaires"Samedi 23 Août 2025 - 16:51 Cessez-le-feu immédiat ou accord de paix global, ces deux options dominent les discussions des dirigeants américain, russe, ukrainien et européens autour du conflit en cours dans l’est du Vieux continent depuis le 24 février 2022. 15 et 18 août 2025. En fonction du ressenti des acteurs concernés, ces dates marqueront pour longtemps encore le cours des événements liés à la guerre en Ukraine. Malgré les positions encore tranchées entre les protagonistes, il semble que voir cette guerre se terminer dans les meilleurs délais soit une idée partagée. Le premier pas décisif dans cette direction a été franchi lors du sommet historique tenu en milieu du mois à Anchorage, en Alaska, par les présidents Donald Trump et Vladimir Poutine. De l'avis des observateurs, cette rencontre a été un succès, au moins pour les symboles et le souvenir qu'elle laissera. Trump a déroulé le tapis rouge à Poutine et l'a accueilli de la plus chaleureuse des manières créant un certain électrochoc dans l'opinion. Dans la mesure où depuis l'éclatement de la guerre, il y a bientôt quatre ans, du côté de l’occident, un tel rapprochement prédisant la relance de la coopération entre les deux principales puissances militaires, Moscou et Washington, n'avait pas eu lieu, le format du sommet Trump-Poutine a marqué les esprits. Le 18 août, quand le tour est venu pour le président américain de recevoir son homologue ukrainien, Volodymyr Zélensky, l'Europe a souhaité être associée à la réception. La Maison Blanche a ouvert ses portes à une forte délégation européenne. En accompagnatrice de son allié, l'Europe des "Volontaires", attachée à la souveraineté de l'Ukraine, s’est présentée tout bien considéré unie. Le président français Emmanuel Macron, la présidente du Conseil des ministres italien Giorgia Meloni, le Premier ministre britannique Keir Starmer, le Chancelier allemand Friedrich Merz, la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen, le secrétaire général de l'Otan Mark Rutte, le président finlandais Alexander Stubb, et bien sûr le chef de l’État ukrainien se sont exprimés lors d'un tour de table au cours duquel, distribuant la parole à chacun et à chacune, Donald Trump, qui était assisté entre autres de son vice-président JD Vance et de son secrétaire d’État, Marco Rubio, a incarné le rôle de manager. Les échanges entre ces dirigeants ont eu pour point d'orgue la fin de « l'effusion de sang » entre Russes et Ukrainiens. Pour les Européens, elle passe par la conclusion rapide d'un cessez-le-feu, les garanties de sécurité pour l'Ukraine, le retour dans leurs familles des enfants ukrainiens retenus en Russie mais aussi l'échange de prisonniers. À côté de cette position quasi unanime, on peut noter l'opinion du dirigeant finlandais dont le pays partage une frontière large de plus de 1000 km avec la Fédération de Russie. "Nous avons par le passé connu des guerres mais avons toujours fini par conclure la paix et cohabiter ; j'espère que l'on trouvera pour le conflit pour lequel je suis ici en tant que voisin de la Russie et préoccupé par les questions de sécurité, une voie vers la paix ». À ses hôtes, Donald Trump a déclaré que la fin des hostilités pouvait intervenir sans un cessez-le-feu préalable. Citant à plusieurs reprises le nom de son homologue russe, promettant de lui rendre compte de la suite de ses entretiens, le président américain a énuméré les conflits, certains plus anciens, mais six au total, qu'il a arbitrés "avec succès" depuis son retour à la Maison Blanche le 20 janvier dernier. «Vous voyez, l'Inde et le Pakistan, cela durait depuis des années; voyez l’Azerbaïdjan et l’Arménie, il n’y a pas eu besoin d’un cessez-le-feu », a exposé le président des Etats-Unis, soit dit en passant candidat potentiel (?) au Nobel de la Paix qui peut-être flotterait dans les pourtours de la Maison Blanche. Auparavant, aux côtés du président ukrainien qu’il a reçu en tête-à-tête dans le bureau ovale dans une ambiance bien plus convenable que ne l’était leur rencontre de février dernier, Donald Trump évoquait lors d’une conférence de presse conjointe le même type de solutions à la crise : « L'adhésion de l'Ukraine à l'Otan n'est pas à l'ordre du jour; un cessez-le-feu préalable n'est pas indispensable; les garanties de sécurité pour l'Ukraine, oui, bien sûr; de nouvelles aides financières certainement pas; la vente d'armes aux pays de l'Alliance atlantique pour la cause, oui; sauver des vies en arrêtant la guerre en cours, bien entendu ». « J'aime les Ukrainiens autant que j'aime les Russes», confessait ensuite Donald Trump non sans rejeter la faute de cette « guerre destructrice " à l'administration de son prédécesseur. Prochaine étape, une réunion trilatérale Trump-Poutine-Zelensky ? Sans la coalition des "Volontaires ?" On ne sait jamais car tout est possible. En modérant leur position vis-à-vis de l'autre belligérant (le Russe) et du principal négociateur (l’Américain), maître du jeu dans le moment présent, ils peuvent intégrer le camp de la fin de la guerre par le dialogue. Continent de l’innovation et de la pensée, l’Europe sait que le monde ne peut pas se passer d’elle, mais si elle envisage la stabilité et la sécurité sur un long terme, elle doit se résoudre à le faire de façon globale. Les événements en cours semblent plaider en faveur d’une forme de coopération inclusive, multilatérale, moins conflictuelle et profitable à tous et bannissant la peur de l'autre ou des autres. Gankama N'Siah Edition:Édition Quotidienne (DB) Notification:Non |