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L'insaisissable TrumpDimanche 31 Août 2025 - 2:07 Le président des Etats-Unis d’Amérique enchaîne les réceptions de dirigeants mondiaux mais aussi les déclarations. Les plus magistrales sont celles à travers lesquelles, en « faiseur » de paix, Donald Trump égrène la liste des conflits ayant connu une issue « heureuse » ou quelque chose de proche, grâce à son implication personnelle. Il en retient six à ce jour : Inde-Pakistan ; Arménie- Azerbaïdjan ; Israël-Iran ; Thaïlande-Cambodge ; Rwanda-République démocratique du Congo. Et voudrait accrocher une septième étoile à cet élogieux palmarès en travaillant à la fin de la complexe guerre russo-ukrainienne. Dans une seconde approche, les déclarations du locataire de la Maison Blanche à la face du monde sont à la fois surprenantes et déroutantes. L’homme en est, dans tous les cas, très fier. Lundi 25 août, alors qu’il recevait son homologue sud-coréen Lee Jae-myung, le président Trump s’est souvenu de ses excellentes relations avec Kim Jung Un, le chef d’État de la Corée du Nord. Chemin faisant, il a exprimé son souhait de le rencontrer dans les meilleurs délais. Dans un monde qui voit des murs se dresser entre les puissances les plus en vue, le volontarisme du 47e président des Etats-Unis ne laisse pas indifférent. Bien sûr, on se souvient que lors de son premier mandat, Donald Trump et Kim Jung Un avaient eu deux entretiens en tête-à-tête à la surprise des disciples de la démocratie exemplaire. Le régime de Pyongyang et ses dirigeants figurant toujours sur la liste noire des terriens « infréquentables », et la Corée du Nord ne faisant pas partie du cénacle des nations dites libres d’après cette catégorisation, voir le président des Etats-Unis poser en photo avec le chef d’un tel État est jugé inadmissible. Pourtant, si les entrevues entre les deux présidents ne se sont pas soldées par une dynamisation de l’axe Washington-Pyongyang, le seul fait d'avoir rendu possible ces rencontres élève le dialogue comme un recours indispensable pour baisser les tensions entre des ennemis déclarés. En jouant sur ce tableau de l’imprévisibilité, le président américain déroute beaucoup dans les cercles immuables des inimitiés héritées de la guerre froide. Dans la mesure où les confrontations actuelles éprouvent à nouveau la volonté des pays et des peuples de vivre en paix, rares sont les dirigeants des blocs en cours de construction qui s’engagent à briser les tabous. Mais l’on peut se demander si Donald Trump oriente sa diplomatie vers une pacification sans retenue et sans arrière-pensée à l’échelle planétaire. On voit par exemple qu’il ne tourne pas son regard du côté d’un voisin, en l’occurrence Cuba, avec lequel son pays est en froid depuis plus de six décennies. Depuis l’an 62 du siècle dernier, Washington et la Havane se parlent à peine. La conciliation impulsée du temps du président Barack Obama n’a pas survécu à l’action de son prédécesseur de retour aux affaires après une éclipse de quatre ans. L’on sait, d’autre part, que les relations entre les Etats-Unis et d’autres voisins sud-américains, c’est le cas du Venezuela, restent tendues. Quant à l’explosif dossier du Proche-Orient, la position des Etats-Unis, soutien inconditionnel d’Israël, érode le cadre de concertation établi avec de nombreux pays du golfe sous le premier mandat de Donald Trump vers une reconnaissance mutuelle entre Tel Aviv et les capitales arabes. Il est dans l’exercice de l’actuel président des Etats-Unis une option qui mérite d’être soulignée : sa tendance à apparaitre là où on l’attend le moins. Les « purs et durs » du cloisonnement pensé sur les critères démocratiques ne le supportent pas, les alliés qui attendent de Washington une protection quasi éternelle ne le comprennent pas, les pays à qui l’administration américaine inflige la punition de la surtaxe commerciale sont exaspérés mais s’organisent. Que se passera-t-il si Donald Trump obtient un accord dans le conflit en Ukraine, relance le dialogue israélo-palestinien, rétablit les ponts entre les deux Corée, pacifie la relation avec ses voisins sud-américains, trouve avec la Chine, l’Inde, la Russie, le Brésil, l’Afrique et le reste du monde des dynamiques de coopération gagnant-gagnant ? Dans un mandat de seulement quatre ans, c’est sans doute trop lui demander. Mais puisqu’il a beaucoup fait en sept mois et le rappelle dans ses discours, puisque le monde a besoin de sortir de l’incertitude nocive ambiante, pourquoi Donald Trump ne tenterait-il pas le coup ? Le mérite lui en reviendrait d’entrer dans l’histoire par la plus grande porte. N'est-ce pas ? Gankama N'Siah Edition:Édition Quotidienne (DB) Notification:Non |