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Pourquoi le PCT prend de l'ampleur ?Samedi 27 Décembre 2025 - 18:56 Fracturé et donné hors course au sortir de la Conférence nationale souveraine en 1991, le Parti congolais du travail (PCT) jouit d’une santé dont témoignent avec une certaine éloquence ses succès aux différentes consultations électorales. Majoritaire au Sénat, à l’Assemblée nationale, dans les conseils départementaux et municipaux, la plus vieille formation politique de l’arène congolaise peut faire valoir sa résilience. Et apprendre à ses concurrents, mais aussi à ses alliés, que pour durer en politique, il faut savoir prendre les coups et les surmonter. Les siens, il a commencé à en mesurer la rudesse quelques mois après avoir vu le jour, un certain 31 décembre 1969. Lorsque, le 23 mars 1970, le Congo est secoué par le putsch du lieutenant Pierre Kinganga alias Sirocco, les fondations du PCT sont moins ébranlées du fait de la ligne de fracture qui oppose les « contre-révolutionnaires », meneurs de la tentative de prise du pouvoir par les armes, et les « révolutionnaires » qui font preuve d’unité. Cette sérénité se trouve fort bousculée quand éclate le M22, le mouvement du 22 février 1972. La contestation est venue de l’intérieur, parce que ses dirigeants, parmi les plus en vue -songeons à un autre lieutenant, Ange Diawara- sont aux avant-postes. Vaincu en 1973, le M22 laissera de profondes blessures dans les cœurs et les esprits des cadres et militants du PCT. Pour plusieurs observateurs, le parti ne s’en est alors pas totalement remis. Quand on pense que les événements de 1970 succèdent à ceux de 1969 consécutifs à l’arrestation de Bernard Kolélas et de ses camarades pour trafic illégal d’armes de guerre ; que les faits de 1972-1973 font suite entre autres à la grève estudiantine de 1971 contre laquelle le président Marien Ngouabi s’est élevé lors d’une mémorable adresse à la place dite de la Liberté (Gare CFCO) ; que le 24 mars 1976, une autre grève forte, syndicale cette fois, a de nouveau fait vaciller le pouvoir, autant dire que le PCT vient de loin. C’est indéniable : le cycle des violences, intrigues, complots, et des contestations plus ou moins larvées culmine le 18 mars 1977 avec l’assassinat du chef de la révolution, le Commandant Marien Ngouabi. Après deux ans d’éclipse sous le régime d’exception, le PCT reprend du service officiellement en 1979 à l’issue de son troisième congrès extraordinaire tenu du 26 au 31 mars. Une longue période d’accalmie et de construction nationale s’ensuit, jusqu’à l’avènement de la démocratie pluraliste portée par la Conférence nationale. Il n’en sort pas indemne et doit s’adapter à la nouvelle donne. Les premières consultations électorales de l’ère démocratique lui font défaut en termes de victoire politique immédiate. Si l’on observe avec attention, la victoire stratégique a bien été de son côté. Classé troisième derrière l’UPADS (Union panafricaine pour la démocratie sociale) et le MCDDI (Mouvement congolais pour la démocratie et le développement intégral), le PCT, vieux de 23 ans, est le faiseur de roi. Son soutien au chef et candidat de l’UPADS, Pascal Lissouba, au second tour de la présidentielle de 1992, contribue à la victoire de ce dernier. Les deux alliés victorieux ayant pour un tas de raisons mis le feu à leur texte d’accord en public, l’alliance PCT-MCDDI se solde par l’affaiblissement de la légitimité du parti au pouvoir d’alors. À défaut d’avoir affaire à des partenaires de poids, l’UPADS fait de la place à l’UDR-Mwinda d’André Milongo ainsi qu’à bien d’autres partis de petite et de très petite taille. Le compte s’avère fatal à la fin de l’exercice. Et quelle fin ? L’on se souvient des temps douloureux vécus par la société congolaise dans son ensemble entre juin et octobre 1997. Vient ensuite cette transition de cinq ans qui conduit aux élections générales dont la présidentielle de 2002, puis celles de 2009, 2016 et 2021. Pourquoi le PCT prend de l’ampleur ? La réponse à cette question ne saurait être exhaustive. On pourrait néanmoins s’attacher à quelques évidences. Certaines liées à la configuration des partis politiques dans notre pays, d’autres au comportement hautement rationnel du personnel concerné. Sur la première variable, on s’aperçoit que la prolifération des partis politiques en lieu et place de regroupements de forces poursuivant un même idéal ne porte pas chance aux entités hétéroclites. Sur la seconde, la transhumance des acteurs à la recherche d’air frais fait le reste. Une chose est certaine : il a beau être l’objet de critiques diverses y compris en son propre sein, le PCT a assurément la chance de bénéficier de l’aura de son principal leader, son « Timonier », le « Patriarche », en l’occurrence, le président Denis Sassou N’Guesso. Ne nous y trompons pas, à quelques différences près, les autres formations politiques citées plus haut auraient peut-être connu le même préjugé favorable dans les mêmes circonstances. Enfin, reconnaissons que 56 ans d’expérience ne tombent pas facilement à l’eau. À condition de ne pas dévier du chemin de l’unité nationale, de la consolidation de la paix, du dialogue et de l’exemplarité dans la conduite de l’action publique par le biais des institutions que le PCT et ses alliés chapeautent. À condition de tenir les promesses, de ne pas hésiter à exposer ouvertement les difficultés de parcours lorsqu’elles se présentent sur le chemin du développement, de la consolidation de l’indépendance et du bien-être collectif. Gankama N'Siah Edition:Édition Quotidienne (DB) Notification:Non |



















