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La fracture libyenne

Samedi 7 Février 2026 - 15:17

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Ouverte dans le sillage des printemps arabes au début de la décennie 2010, la fracture libyenne peine à se refermer. La preuve en a été donnée, le 3 février dernier, quand un commando a attenté mortellement à la vie de Seïf al-Islam Kadhafi. Le fils de l’ex guide libyen, Mouammar Kadhafi, a connu le même sort violent que son illustre père emporté pendant la guerre fratricide qui suivit l'intervention de puissances extérieures décidées à lui régler son compte.

Recherché, jugé et condamné pour le rôle qu'il joua dans les moments de délitement de la nation libyenne, Séif al-Islam avait été libéré en 2017 après deux ans d'emprisonnement. Il s'était alors lancé en politique et s’était porté candidat à l'élection présidentielle de 2021 dans son pays.

Le rendez-vous n'eut pas lieu à l'instar de bien d'autres pris par les factions libyennes qui tentent ces dernières années mais en vain de trouver une voie de sortie de crise.

Si la mort tragique du fils le plus en vue de Mouammar Kadhafi n'a pas déclenché des violences supplémentaires dans une Libye qui n'en a que trop souffert, elle ravive les inquiétudes sur les conséquences qu'elle pourra entraîner.

Au cas, en effet, où l'enquête ordonnée à la suite de ce drame se conclurait par la désignation de coupables ou de leurs éventuels commanditaires, l'on ne saurait prévoir la riposte des partisans du clan Kadhafi.

Mais quels que soient les scénarios, l'assassinat de Seïf al-Islam est une épine de plus dans le pied de la médiation du Comité de haut niveau de l’Union africaine dont la présidence est assurée par le chef de l’Etat congolais, Denis Sassou N’Guesso.

Les condamnations en chaîne de l'exécution brutale de Seïf Kadhafi relayent la crainte de voir la Libye s'embraser à nouveau.

Chacun sait, par ailleurs, qu'à côté des revendications légitimes du peuple de ce pays, des forces non-libyennes ont joué sur plusieurs tableaux pour amplifier les divisions internes et au final consacrer la partition de fait du pays.

Dans ce contexte, l'absence d'un projet d'unification des deux gouvernements en place à Tripoli et à Benghazi éloigne la perspective d'une réconciliation nationale par voie d'élections. Cette posture de guerre larvée est propice aux sorties de route dramatiques, celle ayant visé le fils de Kadhafi en étant une patente illustration.

Gankama N’Siah

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Édition Quotidienne (DB)

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