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Trump en compagnie de Xi

Samedi 16 Mai 2026 - 17:06

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Se voir, se parler et tenter de dessiner les contours d'une relation bilatérale utile à la stabilité mondiale. L'on pourrait ainsi résumer l'issue de la visite officielle du président des États-Unis d'Amérique, les 14 et 15 mai, à Beijing, en République populaire de Chine.

Dans la capitale de l'empire du milieu, Donald Trump et son homologue chinois, Xi Jinping, dont on sait les rapports constamment en dents de scie, ont en quelque sorte célébré l'influence qu’exercent leurs deux pays sur d’autres. A ce titre, la guerre en Iran et la situation de Taïwan ont constitué les points nodaux des échanges entre les deux dirigeants.

Partenaire stratégique du pays du Golfe, la Chine n'a cessé d'appeler à la désescalade bien avant le déclenchement des hostilités en Iran, le 28 février, par les Etats-Unis et Israël. Téhéran n'ayant pas été à l’initiative de la rupture des discussions sur le sujet sensible du nucléaire militaire le concernant, la justification de la guerre par la volonté de l’empêcher d'acquérir ces arsenaux apparaît vidée de sa substance.

Il reste que les désordres provoqués dans la région du Golfe affectent les économies de plusieurs pays consécutivement à la fermeture du détroit d’Ormuz. Le président Trump a demandé à son homologue Xi Jinping de faire pression sur l’Iran afin de « déboucher » l’axe maritime vital pour les échanges commerciaux et parvenir à un accord de cessation d’une crise dont tous les protagonistes sortent globalement perdants.

A son tour- il peut le répéter à tout moment-, Xi Jinping a réitéré à Donald Trump qu’en matière de relations extérieures chinoises, la question de Taïwan demeurera une « ligne rouge » infranchissable. Les autorités de Beijing projettent toujours la réunification des deux territoires et considèrent comme un casus belli toute démarche allant dans le sens d’appuyer une quelconque indépendance de Taipei.

Une fois les mises au point sur ces « sensibilités » internationales faites, les deux présidents ont parlé affaires. Il faut bien un moment mettre de l’eau dans son vin et s’occuper des questions qui ne fâchent pas toujours. En avance comme à son habitude, le locataire de la Maison Blanche s’est réjoui de la conclusion d’accords sur l’achat de Boeing, de pétrole et de produits agricoles américains par la Chine. Qui, elle, souhaite établir avec les Etats-Unis une relation apaisée à long terme pour ne pas avoir à tout mettre sens dessus-dessous tout le temps.

Pour les deux puissances qui savent se surveiller mutuellement, sur la foi de la défense de leurs intérêts réciproques, la rencontre de la capitale chinoise montre qu’elles peuvent s’entendre sur le bénéfice partagé. Le 24 septembre prochain, la visite du président chinois aux Etats-Unis sera sans doute une nouvelle opportunité de rapprochement sino-américain. À condition que d’ici-là de nouvelles frictions n’alourdissent le climat entre Beijing et Washington.

Gankama N'Siah

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