Opinion
- Éditorial - Les Dépêches de Brazzaville
- Réflexion - Jean-Paul Pigasse
- Le fin mot du jour - Gankama N'Siah
- Humeur - Faustin Akono
- Chronique - Emmanuel Mbengue
- Brin d’histoire - Mfumu
- Tribune libre - Sergueï Lavrov
- Idées-forces - Les Dépêches de Brazzaville
- Analyse - Xinhua
Dérèglement diplomatiqueSamedi 26 Septembre 2026 - 16:40 L'Organisation des Nations unies (ONU), une tribune pour tous, cela va sans dire. Le passage de témoin dans quelques mois entre Antonio Guterres, le secrétaire général sortant de l'ONU et son successeur a-t-il, contre toute attente, tiré de sa torpeur la vénérable institution octogénaire installée à New York à la fin de la Seconde Guerre mondiale ? Critiquée pour son immobilisme face aux crises multiples auxquelles le monde est confronté, l'ONU semble paradoxalement retrouver ses allants d'antan en raison de ces mêmes crises. C'est du moins le visage qu'elle a présenté à l'ouverture, le 22 septembre, de sa 81e assemblée générale. La vérité est qu'aucune autre tribune prestigieuse, en dehors de l’ONU, n'a pour l’heure créé les conditions d'une expression libre et contradictoire sur les conflits de l’heure. Le pays hôte de l'organisation internationale devait en être fier et se mettre à la hauteur des enjeux qui en font une référence pour la survie de l‘humanité. Lors de sa prise de parole, le président américain, Donald Trump, toujours égal à lui-même et comme à son habitude, a joué sur les deux tableaux de la menace et de la désescalade. Le locataire de la Maison Blanche a cité tour à tour l’Iran, Cuba, le Venezuela, la Russie, l’Ukraine, la Cour pénale internationale, l’intelligence artificielle tandis que d’autres voix, non des moindres, se sont élevées pour dire leur part de vérité. Tel a été le cas de son homologue iranien, Massoud Pezeshkian, qui a assuré que son pays pourrait tout admettre sauf capituler sans combattre. De son côté, le président angolais, Joao Lourenço, a marqué son désarroi de voir l'embargo contre Cuba franchir tous les seuils de la raison, ou encore le chef de l'État brésilien, Lula da Silva, pour qui l'humiliation subie par Nicolas Maduro, président élu du Venezuela, est tout simplement inacceptable. L'attention portée par les chefs de délégation sur la situation à Gaza, en Ukraine ou dans la région du golfe entrée dans une zone de turbulence aux conséquences imprévisibles interpelle la communauté internationale dans son ensemble afin que le dialogue retrouve enfin sa place dans la résolution des différends entre États. À ce titre, la visite officielle du président chinois, Xi Jinping, aux États-Unis à l'invitation de son homologue américain Donald Trump- lui-même ayant séjourné en Chine en mai dernier- est considérée comme une volonté de deux dirigeants de rendre leurs lettres de noblesse à la diplomatie. Les deux premières puissances ne vont pas enterrer leurs divergences du jour au lendemain, loin s’en faut car pour préserver leurs intérêts réciproques, elles continueront de se surveiller. Mais toutes possèdent des carnets d'adresses suffisamment remplis pour ne pas, si elles en prennent l’engagement, contribuer à apaiser le cours des événements actuels. Pensons à l'Iran, partenaire de la Chine, à la Russie et à l'Ukraine sachant que le conflit qui oppose Kiev et Moscou depuis quatre ans intéresse tout comme il embarrasse Washington et Beijing du fait des liens que l'une et l'autre partie entretiennent avec les deux belligérants. La deuxième rencontre au sommet en l’espace de quatre mois entre Donald Trump et Xi Jinping verra-t-elle enfin naître une dynamique susceptible d'apporter des solutions durables au dérèglement diplomatique qui pollue depuis déjà trop longtemps les relations internationales ? On peut l’espérer sans renoncer à être prudents. Gankama N'Siah Edition:Édition Quotidienne (DB) Notification:Non |




















