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Afrique : de l’indépendance à la paix

Mardi 20 Octobre 2026 - 19:42

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Les 28 et 29 octobre, Moscou accueillera le troisième Sommet Russie-Afrique, une réunion au plus haut niveau. Pour moi, en tant que vice-président du jury du Prix international Léon Tolstoï pour la paix, cette rencontre est un signal fort : le partenariat entre la Russie et l’Afrique repose sur le respect de la souveraineté et de la culture de chaque pays.

Dans notre famille, nous entretenons une relation particulièrement chaleureuse avec la Russie et les pays africains, et c’est à bien des égards l’héritage de mon grand-père. Le général de Gaulle avait compris que l’ère des empires coloniaux était révolue et que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne pouvait être bafoué. Il a reconnu ce droit pour les peuples africains.

En 1960, sous sa présidence, plus de dix pays africains ont accédé à l’indépendance, suivis par l’Algérie en 1962. Onze de ces pays africains ont librement choisi leur indépendance, tout en conservant des relations bilatérales privilégiées avec la France. Le gaullisme est synonyme de souveraineté et d'identité, mais aussi de multipolarité.

Le général de Gaulle était un visionnaire, l'un des tout premiers dirigeants mondiaux à avoir prédit les réalités du nouvel ordre mondial. Le temps lui a donné raison : aujourd'hui, l'Afrique indépendante est un acteur à part entière de la politique mondiale et un centre névralgique du monde multipolaire émergent.

Le droit de chaque peuple à suivre sa propre voie est également au cœur du Prix international Léon Tolstoï pour la paix, dont j'ai l'honneur d'être le vice-président du jury. Ce prix récompense celles et ceux qui, par leurs actes plutôt que par de grands discours, bâtissent des ponts entre les civilisations.

Ce n'est pas un hasard si son premier lauréat, en 2024, fut l'Union africaine : c'est la reconnaissance de la contribution majeure de l'Afrique au renforcement de la paix. L'Afrique n'attend pas les recettes des autres – elle construit la paix sur son propre continent et met cette expérience au service de la cause commune. L'Afrique a aussi beaucoup à apprendre à l'Europe.

Les peuples africains préservent précieusement leur culture, leur famille et leurs principes spirituels et les transmettent aux nouvelles générations. Un monde multipolaire est un monde de développement libre, sans colonialisme ni coercition, où chaque pays choisit sa propre voie. C’est précisément ce monde que l’Afrique défend aujourd’hui.

Le Sommet Russie-Afrique est une rencontre entre partenaires égaux. Ce qui unit plus de cinquante États africains, avec leurs langues, leurs religions et leurs expériences historiques différentes, et la Russie, c’est l’aspiration à suivre leur propre voie de développement.

La coopération dans les domaines de l’éducation, des sciences et de la culture, ainsi que les échanges entre les jeunes, peuvent être plus bénéfiques au monde que toutes les déclarations. Mon grand-père parlait de paix avec force et dignité. J’ajouterais qu’une paix durable est impossible sans confiance.

Je crois que la confiance entre la Russie et l’Afrique, fondée sur le respect mutuel, deviendra un exemple pour d’autres régions et, avec le temps, pour l’Europe elle-même.

 

Pierre de Gaulle,  petit-fils du général Charles de Gaulle, vice-président du jury du Prix international Léon Tolstoï pour la paix.

Pierre de Gaulle, petit-fils du général Charles de Gaulle

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