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CPI (1)

Lundi 28 Mars 2016 - 18:44

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Ainsi donc, le « Chairman » est coupable. Soit ! Sous réserve des recours que sa défense ne manquera pas d’exercer la principale conséquence, pour Jean-Pierre Bemba, du verdict de la Cour pénale internationale est la perte de la présomption d’innocence dont il a bénéficié tout au long de cette interminable procédure.

Comme le souligne la Fédération internationale des droits de l’Homme, la décision de la Chambre d’instance III de la CPI est « historique » car « l’affaire Bemba » concerne, d'abord, des crimes de violence sexuelle (dont le viol qualifié de « crime de guerre » et de « crime contre l’humanité ») ; car elle consacre, ensuite, la responsabilité de l’accusé en tant que commandant militaire pour des crimes commis par ses troupes. Si le caractère exemplaire de ce verdict contribue, demain, tout à la fois à panser les plaies de l’âme des victimes de ces viols si communément pratiqués dans le monde en général, en Afrique en particulier, et à dissuader les violeurs et ceux qui les commandent l'on s’en félicitera sans la moindre réserve

Pour autant, cette sentence, qui semble ruiner définitivement les ambitions politiques de Jean-Pierre Bemba, ne saurait faire obstacle aux remarques négatives concernant l’institution qui l’a prise. On soulignera ainsi qu’en déclarant « le Chairman » coupable, la CPI vient d’ajouter un Africain de plus à son dérisoire tableau de chasse. Et l'on rappellera à ce propos que le procès Bemba a débuté le 22 novembre 2010, que l’accusé a déjà huit années de détention à son compteur, que cette ruineuse instance a été émaillée de coups de théâtre et de « couacs » de procédure tournant parfois au « soap opéra » et donnant de la justice dite « internationale » une bien piètre image. Tout ça pour ça !

Quant aux responsables centrafricains de l’époque - faut-il en rire ou en pleurer ? - ils n’ont même pas été convoqués par la Cour pénale internationale. Martin Ziguele peut en témoigner, lui qui était alors Premier ministre et qui ambitionne maintenant de devenir président de l’Assemblée nationale, voire même de recouvrer ses éminentes fonctions à la Primature.   

(À suivre).

 

 

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