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La déclaration de la discorde

Vendredi 2 Mars 2018 - 14:00

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Le sujet que nous abordons ici est sensible, au même titre que l’est le moment choisi d’en parler. Il concerne la situation intérieure de la République démocratique du Congo (RDC). En particulier le processus électoral censé mettre un terme à la transition imposée par la force des choses, si on peut dire, qui fait que les nouvelles autorités n’aient pu être installées à la tête du pays faute d’élections. Les accords trouvés par les parties à la fin du mandat du président Joseph Kabila, en 2016, projettent la tenue des scrutins dans le courant du mois de décembre prochain.

Dans la tête de chacun, effectivement, la date du 23 décembre 2018, considérée comme celle de la convocation des élections générales, dont la présidentielle, alimente toutes les conversations. En raison du glissement à deux reprises des précédents calendriers, des appréhensions se font jour au sein de la classe politique de RDC. Dans le camp de l’opposition, des doutes persistent sur l’application de ce nouveau chronogramme, tandis que l’on rassure du côté de la majorité présidentielle que les délais seront respectés.

Au milieu, il y a cette polémique qui grandit depuis l’annonce de la réception par la commission électorale des machines à voter. Moralité : la suspicion l’emporte dans un jeu électoral qui veut que les acteurs impliqués privilégient la concertation en toute circonstance pour prévenir des débordements. A cette controverse « technique » s’ajoute une autre, « politique » cette fois, car elle touche directement aux prérogatives du chef de l’Etat. Depuis quelques semaines, en effet, des voix s’élèvent pour exiger du président de la République qu’il annonce officiellement qu’il ne sera pas candidat à sa propre succession.

L’opposition, une partie de la société civile et certains partenaires extérieurs de RDC qui soutiennent cette démarche y trouvent une garantie pour la bonne tenue des rendez-vous électoraux. Bien évidemment qu’un tel engagement public du chef de l’Etat pourrait être de nature à apaiser les esprits. Mais il comporte malgré tout un côté « froissant » pour la fonction présidentielle car ceux qui s’en tiennent aux textes qui régissent le pays pourraient rétorquer que nulle part il n’est écrit que le président de la République doit se soumettre à pareille exigence. On pourrait donc mettre longtemps à attendre cette profession de foi en haut lieu, et peut-être ne plus du tout s’occuper de l’essentiel.

L’essentiel, pour les acteurs politiques de RDC, est de trouver un terrain d’entente pour sortir de la situation exceptionnelle dans laquelle leur pays est plongé. Ils ont réussi à le faire par le passé dans les circonstances beaucoup plus complexes que celles d’aujourd’hui. On se souvient en effet qu’avant la signature des accords de San City, en Afrique du Sud, en 2003, les parties pour ne pas dire les partis étaient engagés dans une guerre civile dans laquelle chacun contrôlait un espace du territoire national avec l’appui des milices et des puissances étrangères. A ce jour-Dieu merci-le recours aux armes ne semble pas être la préoccupation des uns et des autres.

Pourtant, il faut l’admettre : ces mêmes acteurs politiques, à quelque niveau qu’ils soient, ont une dette morale envers le peuple de leur pays. Qu’envisagent-ils de faire pour la payer s’ils ne lui épargnent pas le stress qu’impose cette longue attente électorale qui le tourmente, le tourne en dérision et lui coûte tant de sueur et de sang ?

Gankama N'Siah

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