Réflexion


Réflexion
Lundi 14/7/2014

Nous l’avons écrit ici même à plusieurs reprises, les Américains vont devoir se préoccuper de l’Afrique infiniment plus qu’ils ne l’ont fait dans les dernières décennies. Profondément  marqués, quoi qu’ils en disent  par la traite négrière et la ségrégation raciale qui en découla, ils ont eu jusqu’à très récemment une perception fausse du continent noir qu’ils jugeaient, dans leur grande majorité, incapable de s’engager sur la voie du développement durable.

Ce manque de clairvoyance a conduit leurs dirigeants à commettre, dans les dernières décennies, trois erreurs historiques majeures :

  1. Laisser se développer, avec leur appui plus ou moins direct, des conflits destructeurs, au Soudan et en République démocratique du Congo notamment, dont ils commencent tout juste à mesurer la dangerosité pour leurs propres intérêts.
  2. Dans le même contexte favoriser, sans le...

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Lundi 7/7/2014

Des mois et des années d’observation attentive débouchent finalement sur la conclusion que trois grandes puissances, et trois seulement, dominent désormais le monde: les États-Unis, la Chine et la Russie. L’Inde, qui devrait être placée dans ce petit groupe de nations étant donné son poids humain, ne semble pas décidée à jouer, du moins pour le moment, un rôle notable sur le plan stratégique ; quant à l’Europe, elle chemine si lentement sur la voie de son unité politique qu’elle restera longtemps encore à la remorque des États-Unis dans toutes les grandes affaires.

Comment les trois « Grands » pèseront-ils sur le monde dans les décennies à venir ? Sans lire dans le marc de café et en s’en tenant simplement aux évidences présentes l’on peut répondre à cette question, sommairement cela va de soi, de la façon suivante :

  1. La Chine va...

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Lundi 30/6/2014

Nul ne pourra nier à l’avenir que les Africains ont tiré à temps la sonnette d’alarme et prévenu la communauté internationale des conséquences tragiques que sa lenteur à se mouvoir pour les aider dans leur lutte contre la misère et la violence que celle-ci engendre ne pouvaient manquer d’avoir. Depuis fort longtemps, en effet, des voix autorisées s’élèvent sur le continent pour dénoncer l’apathie des institutions internationales sans jamais être entendues. Cela parce que, d’une part, les grandes puissances ne s’occupent véritablement que de leurs intérêts égoïstes et parce que, d’autre part, la pesanteur interne de l’Organisation des Nations unies paralyse toutes ses initiatives.

Que ceux qui doutent de la justesse de ce diagnostic considèrent l’incurie des seize mille Casques bleus déployés depuis dix ans dans l’est de la République démocratique du Congo, les conséquences...


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Lundi 23/6/2014

Les troubles de toute nature qui agitent la France ne sont pas prêts de s’arrêter. À bien des égards même, étant donné l’incapacité que manifestent les pouvoirs publics à gérer correctement cette crise, l’on peut s’attendre à ce qu’ils s’aggravent dans les mois à venir. Une perspective qui conduit nombre d’observateurs de la scène française à pronostiquer sinon une révolution, du moins des troubles sociaux pouvant conduire à des soubresauts politiques de grande ampleur tels que des élections législatives anticipées ou même la démission du président François Hollande avant la fin de son mandat.

Gardons-nous de gloser sur les événements à venir, mais tirons sans plus tarder les leçons universelles que la déstabilisation interne de la France comporte. Celle-ci révèle, en effet, cinq grands enseignements qui valent pour tous les peuples de la Terre.

1. Les difficultés...


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Lundi 16/6/2014

Les événements qui se déroulent actuellement en Irak, où les islamistes radicaux mènent une offensive victorieuse, étaient tout à la fois prévisibles et inévitables. Prévisibles, car le départ programmé des troupes américaines laissait un vide sécuritaire que le régime en place était évidemment incapable de combler. Inévitables, car seul un pouvoir fort, autoritaire et bien armé, pouvait s’opposer de façon efficace aux actions des mouvements radicaux qui ont entrepris de conquérir le Proche et le Moyen-Orient à la faveur de la guerre civile en Syrie.

Le temps viendra certainement où les États-Unis et leurs alliés européens dresseront le bilan des conséquences catastrophiques que leurs interventions anarchiques ont provoqué en différents endroits de la planète au cours des soixante dernières années. De la guerre d’Indochine à la guerre d’Afghanistan en passant par la guerre du...


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Lundi 9/6/2014

Il y eut, en effet, le 6 juin 1944 où l’armée des États-Unis débarqua en force sur les côtes normandes avec ses alliés pour mettre fin à la barbarie nazie qui ensanglantait l’Europe depuis une décennie. Et puis, il y a eu ce 6 juin 2014 qui a vu la France célébrer avec éclat le soixante-dixième anniversaire du débarquement grâce auquel sa dignité lui fut rendue en même temps que sa liberté, mais qui a révélé aussi l’ampleur des changements en cours dans la sphère internationale.

Mettons-nous un instant dans la peau d’un diplomate de haut rang et de nationalité indéterminée qui aurait assisté aux cérémonies officielles en France et qui devrait en rendre compte aux plus hautes autorités de son pays. Voici, résumé en quelques phrases, ce qu’il pourrait écrire.

« Monsieur le Président,

Le 6 juin 2014 a marqué le retour en force des États-Unis sur le sol européen. Au-...


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Lundi 2/6/2014

Nul ne saurait dire aujourd’hui ce qui naîtra de la prière commune qui doit réunir le 10 juin au Vatican le pape François, le président israélien Shimon Peres, et le président palestinien Mahmoud Abbas. Mais le geste est suffisamment fort pour que l’on tente d’en décrypter par avance les effets.

De tous les conflits qui menacent aujourd’hui la paix dans le monde, celui qui oppose Israéliens et Palestiniens est sans aucun doute l’un des plus dangereux. Cela pour toutes sortes de raisons, dont trois au moins sont explosives : un affrontement religieux larvé mais bien réel qui remonte à l’Antiquité, une dispute territoriale ouverte entre frères ennemis qui ne cesse de s’étendre, et un recours à la violence directe ou indirecte qui s’aggrave inexorablement au fil des ans faute de véritable dialogue entre les protagonistes du drame.

Du chaudron de sorcière qu’est devenu le...


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Lundi 26/5/2014

Le débat qui s’est instauré en France ces derniers jours à propos du budget de la défense n’est que le prologue d’une mise à plat des dépenses publiques qui s’annonce douloureuse dans la mesure où elle concerne l’un des éléments clés de la souveraineté nationale. Le fait qu’il ait pris une tournure publique alors que jusqu’à présent il restait limité au petit cercle d’experts astreints au silence montre que l’urgence est plus grande qu’on ne l’imaginait jusqu’à présent. Il appelle donc une réflexion de fond, non seulement de la part des autorités françaises, mais aussi de la part de leurs partenaires extérieurs, africains et autres, qui tôt ou tard se trouveront directement concernés par les choix budgétaires opérés au plus haut niveau de l’État.

En optant pour la dissuasion nucléaire comme elle le fit lorsque le général de Gaulle présidait à ses destinées, la France a sauvé...


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Lundi 19/5/2014

Il est indiscutable que la gestion des finances publiques par les autorités du Congo n’a cessé de s’améliorer depuis la fin de la guerre civile et la restauration de l’appareil d’État qui s’en est suivie. En témoignent de façon indiscutable la réduction de la dette extérieure, la remise en ordre de la plupart des administrations et, surtout, l’incroyable modernisation des grandes infrastructures que nous voyons se réaliser sur toute l’étendue du territoire.

Soulignons, avant d’aller plus loin, que le Congo n’aurait pas retrouvé au sein de la communauté africaine la position qui est aujourd’hui la sienne si ses plus hautes autorités n’avaient pas tracé de façon claire la voie à suivre pour y parvenir en un temps record. Mais ajoutons tout aussitôt que cette réussite a généré des problèmes auxquels il conviendrait de s’attaquer résolument si le pays ne veut pas se trouver...


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Lundi 12/5/2014

Telle est la conclusion sur laquelle on débouche inéluctablement lorsque l’on remonte l’histoire et que l’on se remémore les atrocités que notre espèce n’a pas cessé – et ne cessera sans doute jamais – de commettre envers elle-même depuis la nuit des temps. Avec, toutefois, des pics dans l’horreur parmi lesquels figurent en bonne place l’esclavage et la traite négrière que l’Europe et l’Amérique organisèrent quatre siècles durant dans le seul but de réaliser de grands profits.

Célébrée samedi à Paris, dans les jardins du Luxembourg, en présence du président François Hollande, la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions devient au fil des ans une sorte de rite auquel se soumettent les plus hautes autorités de la République française ; mais il n’est pas certain qu’elle entraîne le changement d’attitude qu’attendent depuis cent cinquante...