Intelligence artificielle : le Congo pose les jalons d’une régulation

Lundi 19 Janvier 2026 - 12:43

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Les assises sur la politique et la régulation des technologies numériques, organisées du 12 au 16 janvier à Brazzaville, ont permis de jeter les bases d’un cadre réglementaire adapté aux réalités nationales. Elles ont également instauré un espace de concertation réunissant acteurs publics, secteur privé, universitaires et experts internationaux.

 

La mobilisation de l’ensemble des acteurs de l’écosystème numérique national a été remarquable tout au long des cinq jours d’échanges. Selon le directeur général de l’Agence de régulation des postes et des communications électroniques (Arpce), Louis-Marc Sakala, ces assises traduisent la volonté du Congo de poser les bases d’une régulation numérique moderne, intelligente et responsable, condition essentielle pour accompagner la transformation numérique du pays dans une logique de souveraineté et de développement durable. « La régulation des technologies numériques ne peut être efficace que si elle est anticipative, collaborative et adaptée aux réalités congolaises », a-t-il affirmé.

Parmi les priorités dégagées à l’issue du séminaire figurent la consolidation d’un cadre stratégique national de régulation du numérique et de l’Intelligence artificielle (IA), le renforcement des capacités des régulateurs et des administrations, ainsi que la mise en place d’un cadre de collaboration pérenne associant institutions publiques, secteur privé, universités et partenaires internationaux. Les participants ont également souligné la nécessité d’une stratégie nationale transversale de régulation, face à la complexité croissante des objets à encadrer, allant de l’IA aux plateformes numériques, en passant par la blockchain et la finance digitale, et ont insisté sur l’importance d’une coordination renforcée entre les différentes autorités publiques.

Du côté du secteur privé, la secrétaire exécutive du patronat Uni Congo, Nancy Chenard, a appelé les autorités à prendre en compte les réalités du marché local. Elle a mis en garde contre une fiscalité excessive qui pourrait fragiliser les entreprises nationales et a plaidé pour une implication accrue du secteur privé dans les discussions sur la régulation. Conrad Onésine Oboulhas Tsalat, directeur général de l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’information, prône la confiance dans l’IA, appelant à percevoir cette technologie avant tout comme un outil de développement au service de la santé, l’agriculture, la recherche…  

Selon Dr Kodjo Ndukuma Adjayi, un des principaux conférenciers,  une préparation en amont est nécessaire face à l’arrivée de technologies émergentes telles que l’IA, les satellites en orbite basse ou encore l’extension de la fibre optique. « L’enjeu pour le Congo est de ne pas subir ces évolutions, mais de les anticiper », a-t-il insisté.

Des progrès réalisés

Saluant la qualité des réflexions menées, le ministre des Postes, des Télécommunications et de l’Économie numérique, Léon Juste Ibombo, a rappelé que le numérique, la donnée et l’intelligence artificielle sont désormais des leviers majeurs de souveraineté, de compétitivité économique et de gouvernance publique. Il a souligné les progrès réalisés par le pays au cours de ces dernières années, notamment avec l’inauguration du Data Center national, le lancement de la 5G à Brazzaville ou encore les investissements dans les infrastructures numériques.

Les recommandations issues de ces assises, estime le ministre Léon Juste Ibombo, viendront enrichir la stratégie nationale de l’IA actuellement en construction. « Réguler ne signifie pas freiner l’innovation, mais au contraire la sécuriser et l’orienter afin de protéger les citoyens tout en favorisant l’émergence d’un écosystème numérique innovant, inclusif et compétitif », a-t-il conclu.

 

Fiacre Kombo

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