Opinion
- Éditorial - Les Dépêches de Brazzaville
- Réflexion - Jean-Paul Pigasse
- Le fin mot du jour - Gankama N'Siah
- Humeur - Faustin Akono
- Chronique - Boris Kharl Ebaka
- Brin d’histoire - Mfumu
- Tribune libre - Sergueï Lavrov
- Idées-forces - Les Dépêches de Brazzaville
- Analyse - Xinhua
Conjurer la fragmentationDimanche 24 Mai 2026 - 16:28 L’alerte ne concerne pas seulement l’Afrique et ses institutions étatiques ou interétatiques. Elle s’adresse aux nations du monde dans sa globalité sur les dangers que représentent, de nos jours, les conflits majeurs dont nous sommes à divers degrés acteurs et témoins. Pour ses assemblées annuelles organisées du 25 au 29 mai à Brazzaville, la capitale du Congo, la Banque africaine de développement (BAD) met en avant un thème inspiré par la volonté des décideurs du continent et leurs partenaires de ne pas se laisser submerger par le pessimisme ambiant. « Mobiliser des ressources à grande échelle pour le financement du développement de l’Afrique dans un monde fragmenté » est une invite à l’exigence de valoriser le potentiel local de chaque État membre dans une perspective alliant résilience, prise de risque, et responsabilité. La question de la mobilisation des ressources ne se pose cependant pas seulement en termes de définition des principes. Elle scrute pour l’opérationnalisation de cette noble ambition un problème sous-jacent qui contrarie, si on peut dire, l’engagement d’envisager le développement de l’Afrique à l’appui de ses seules richesses. L’interrogation porte sur la nature de l’expertise sollicitée pour rentabiliser les matières premières à travers le long processus touchant l’exploration, l’extraction, le traitement, le raffinement et la commercialisation. Dans une large mesure, cette expertise n’est pas encore entièrement africaine, et quand c’est le cas, les obstacles auxquels elle fait face à l’intérieur du continent sont de nature à la démotiver. S’y ajoute l’autre écueil relatif à l’équilibre des échanges commerciaux à l’international. Il est indéniable que les Assemblées annuelles de la BAD sont depuis toujours l’occasion de se projeter en avant à partir des enseignements tirés du chemin parcouru depuis les retrouvailles précédentes. Ce sera encore le cas cette semaine au Congo, un pays attaché à l’intégration continentale, qui pour se faire a choisi un sous-thème révélateur de sa détermination à s’affirmer sur cette voie : « Bâtir des infrastructures de transport et d’énergie résilientes et durables pour promouvoir l’intégration africaine ». Il s’y adonne avec assiduité ces dernières décennies. Ce volontarisme de Brazzaville est peut-être une des clés pour surmonter la fragmentation du monde actuel avec toutes les conséquences induites sur les plans politique, diplomatique, économique, social, environnemental et culturel. Par l’entremise d’une institution aussi engagée que la BAD, sans s’aliéner le soutien des partenaires extérieurs, l’Afrique a l’obligation de se concentrer sur son développement. Il suffit d’une unité d’action de celles et ceux qui, experts ou dirigeants, parlent et décident au nom des peuples du continent. Gankama N'Siah Edition:Édition Quotidienne (DB) Notification:Non |




















