Opinion
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- Tribune libre - Sergueï Lavrov
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- Analyse - Xinhua
108 jours plus tardSamedi 20 Juin 2026 - 16:26 La rhétorique guerrière a longtemps nourri la rivalité entre les États-Unis et l’Iran avant que la réalité de la confrontation armée directe ne les rattrape, le 28 février dernier. Pour notre vieux monde ravagé par les conflits d’ampleur, l’annonce d’un accord entre les deux puissances, le 17 juin, a été saluée par beaucoup comme une bonne nouvelle. Opérant loin de ses frontières nationales, la première puissance mondiale compte sur l’avantage que représentent ses nombreuses bases militaires installées pour le cas d’espèce dans la région du golfe Persique. La puissance régionale quant à elle a montré sa résilience dans un environnement hostile dont elle n’entend visiblement pas perdre le leadership. Après 108 jours d’une confrontation marquée par d’importants dégâts humains et matériels, Washington et Téhéran ont-ils appris à mieux se connaître pour commencer à mieux se respecter ? Pays médiateur, le Pakistan reste optimiste dans un dossier sur lequel, au risque de se faire voler la vedette, il s’est investi au moment où les chances de faire asseoir les belligérants à la même table étaient extrêmement minces. Américains et Iraniens ont, en effet, inscrit le rejet de l'autre dans la durée à un tel niveau que l'on devra prier pour que la signature promise de l’accord final ne ressemble pas à une "hydratation break". L’expression est empruntée au football où la Fifa a systématisé le procédé avec le Mondial qui se déroule actuellement en Amérique. Au milieu de chaque mi-temps, les joueurs prennent une pause de quelques minutes pour se désaltérer avant de se relancer balle au pied. Entre-temps, les entraîneurs ont peaufiné leurs tactiques de jeu, les annonceurs ont multiplié leurs offres. L'allusion est saisissante dans la mesure où, comme l'enseignent les théoriciens de l’art de la guerre, sur le champ de bataille, les déclarations de cessez-le-feu sont aussi les moments au cours desquels les belligérants se réarment. On le sait, le rendez-vous pour la formalisation de l’accord-cadre, le 19 juin, en Suisse, par Téhéran et Washington, a avorté mais l’espoir réside dans le fait que les émissaires des deux camps maintiennent le contact. Au-delà du vent d’optimisme rappelé plus haut, il restera l’attitude d'Israël. Écœuré de n'avoir pas été associé aux négociations, Tel Aviv dit tout le mal qu'il pense de l'initiative américano-iranienne et veut poursuivre la guerre. Ses plus hautes autorités déclarent, catégoriques, être engagées pour la survie de leur peuple. Quitte à ouvrir un nouveau front avec Washington l’allié historique ? Cette dernière question est posée car la partie « utile » qui se joue entre les États-Unis et l’Iran ne signifie pas encore la fin du conflit. L’accord-cadre dont la signature est repoussée à plus tard comporte des clauses contraignantes que les protagonistes sont tenus de remplir dans un délai de soixante jours. Et cette échéance est décomptée à partir du 17 juin. Autant dire que la volatilité de la situation au Moyen-Orient requiert l’intermédiation de diplomates chevronnés. Islamabad a tenu bon jusque-là et ne devra pas baisser les bras. Gankama N'Siah Edition:Édition Quotidienne (DB) Notification:Non |





















