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Epargne, crédit et fin du mois : comment gères-tu ?

Samedi 20 Juin 2026 - 14:00

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La question du pouvoir d’achat est devenue une des principales préoccupations des ménages en Afrique centrale. Dans un contexte marqué par la hausse des prix des produits alimentaires, l’augmentation des coûts de transport, la pression des dépenses scolaires et sanitaires, ainsi que l’incertitude économique, de nombreuses familles éprouvent des difficultés à rééquilibrer leur budget.

Pourtant, les spécialistes de l’éducation financière s’accordent sur un point fondamental : La prospérité des ménages ne dépend pas uniquement du montant des revenus perçus, mais également des capacités à gérer efficacement ces revenus.

Un ménage aux revenus modestes peut progressivement construire un patrimoine grâce à une gestion rigoureuse, tandis qu’un ménage aux revenus élevés peut connaître des difficultés financières en raison des dépenses excessives. Cette réflexion conduit à l’application d’une règle budgétaire simple et largement recommandée dans les programmes modernes de l’éducation financière : consacrer 50% de ses revenus aux dépenses incompressibles, 20% à l’épargne et 30% aux dépenses complémentaires aux projets personnels semble être la bonne règle. Cette approche mérite d’être analysée à la lumière des réalités économiques de chaque pays, car le pouvoir d’achat est une réalité complexe.

En général, il correspond à la quantité des biens et services qu’un individu ou un ménage peut acquérir avec son revenu. Dans les pays de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale, les revenus moyens sont relativement faibles comparés aux coûts de certaines dépenses essentielles.

Prenant l’exemple d’un ménage avec un revenu de 300 000 FCFA par mois, si l’on applique la règle des 50, 20 et 30% , on aura donc :

  • 150 000 FCFA (50%), consacrés aux dépenses incompressibles et essentielles ;
  •   60 000 FCFA (20%), à l’épargne ;
  • 90 000 FCFA (30%), pour les dépenses diverses.

Sur une année, ce ménage aurait accumulé 720 000 FCFA d’épargne et 3 600 000 FCFA en cinq ans.

Sans même compter les intérêts ou les revenus générés par un investissement, ce capital représente déjà une base importante pour financer un projet professionnel, acquérir un terrain ou constituer une réserve de sécurité. Cependant, il ne permet pas de s’offrir un appartement moderne à 50 000 000 FCFA au bout de quinze ans.

Pourquoi l’épargne est souvent insuffisante ?

Selon plusieurs études consacrées à la question, une grande partie de la population épargne de manière informelle ou irrégulière. Plusieurs facteurs expliquent cette situation :

  • Revenu limité ;
  • Beaucoup de ménages consacrent déjà plus de 70% de leurs revenus aux besoins essentiels.
  • Des obligations familiales en Afrique occupent une place importante, soutenir ses parents constitue un devoir sacré. Si cette solidarité constitue une richesse sociale, elle réduit parfois les capacités d’épargne de ménages. 
  • Les dépenses de prestige (Lire notre précédente tribune sur l’économie de l’émotion), achat de voitures de luxe, cérémonies excessivement onéreuses, ou la recherche d’un statut social visible. Tout ceci absorbe des revenus qui pourraient être investis dans des actifs productifs.

La gestion des revenus des ménages est un véritable casse-tête, non pas à cause de leur insuffisance ou irrégularité, mais souvent à cause du manque de rigueur dans la gestion. On épargne souvent à la fin du mois après avoir tout dépensé. Selon les experts, l’épargne doit être prélevée immédiatement après la perception du revenu. Cette discipline transforme progressivement les habitudes financières.

Emmanuel Mbengué

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Édition Quotidienne (DB)

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