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Se préparer à la paix

Samedi 27 Juin 2026 - 15:31

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La formule est bien éloignée du langage courant où il est plus souvent question de se préparer à la guerre au regard d’une situation générale qui se dégrade au quotidien. La période actuelle tend justement à considérer cette hypothèse comme la plus logique tant les nombreux foyers de tensions poussent au pessimisme. Mais que faire de cette petite musique différente entendue des Alpes suisses ces derniers jours ?

En dépit de l'acuité des conflits armés du moment, des voix s'élèvent partout pour clamer la désescalade. L'exemple le plus significatif est donné par les Iraniens et les Américains qui dialoguent en Suisse sous la médiation du Pakistan et du Qatar.

À première vue, les négociateurs des deux camps s’accordent sur une chose : les divergences entre eux sont profondes mais les conditions doivent être créées pour voir la réalité en face et refonder une relation semée de rancœurs.

On estime, au regard de quelques avancées enregistrées d’entrée de jeu, que Washington et Téhéran se préparent enfin à la paix. Une paix qui ne produira ses effets que si elle rejaillit sur tous les États du Moyen-Orient. Pour cela, la notion de « sécurité collective » est primordiale, parce qu’elle suppose de prendre en compte les intérêts de chaque partie.

Dans plusieurs régions, les conflits s’éternisent faute de perspectives collectives de paix. Le jour où un accord définitif sera trouvé entre Américains et Iraniens, peut-être fera-t-il tache d’huile du côté de l’Ukraine et de la Russie qui se battent depuis cinq longues années.

Pour ce dernier cas de figure, se préparer à la paix suppose de s’éloigner des convoyeurs de bois de chauffe qui attisent le feu sans jamais s’intéresser à l’ampleur des dégâts causés par les flammes incandescentes. L’on sait que les gains divers engrangés sur le champ de bataille font les choux gras des médias mais ne remplacent pas des vies fauchées.

Il faut dire que pour leur part, les Américains et les Iraniens ont la chance de trouver des intermédiaires munis d’extincteurs. Les instances internationales qui attribuent les récompenses aux faiseurs de paix devront, peut-être, cette fois, regarder en direction d’Islamabad, Oman, Washington et Téhéran si le processus de Suisse aboutit et si des feux de forêts ne sont pas allumés ailleurs.

Pendant qu’on y est, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir attrapé et entêtons-nous à prier pour la paix. 

Gankama N'Siah

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