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Et le Tchad de suite

Samedi 18 Juillet 2026 - 15:49

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C’est officiel. L’entrée sur le territoire tchadien ne sera plus soumise à visa pour les ressortissants africains. Par cette décision annoncée le 15 juillet par le président Mahamat Idriss Déby Itno lui-même, N’Djamena rejoint les autres capitales du continent dans ce processus d’ouverture des frontières qui se renforce chaque jour, suscitant espoirs et interrogations.

Espoirs, parce que l’Afrique gagnerait à mieux s’intégrer en levant les barrières sur la libre circulation des personnes et des biens ; interrogations autour des dispositions qu’il faudra prendre pour que cette dynamique, fille du vœu des Pères fondateurs de l’Organisation de l’unité africaine, Union africaine aujourd’hui, devienne une réalité. L’union fait la force, nous enseigne la vie.

Il y a deux mois, en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement tenues à Brazzaville, du 25 au 29 mai, le chef de l’État congolais, Denis Sassou N’Guesso, prenait fait et cause pour cette même option en fixant au 1er janvier prochain la suppression de visas pour tous les Africains visitant le Congo.

La déclaration du président de la République avait suscité une levée de boucliers au sein de la classe politique et de la société civile. « On brade notre cher beau pays, c’est inadmissible ! », entendait-on dire. La rue congolaise n’était pas en reste qui s’interrogeait à la suite des premiers « opposants » sur le bienfondé d’une telle décision.

C’est vrai, le pas vers l’intégration africaine ne se fera pas sans franchir une série de réticences. Elles sont d’ordre politique, culturel et social. Le premier volet commande aux deux autres car, pour plusieurs raisons encore, certains gouvernements sont hostiles à l’idée, comme on dit, d’accueillir « tout le monde » indistinctement, l’immigration étant souvent liée, à tort ou à raison, à une sorte de transferts sans frais des « misères » de pays moins nantis vers ceux qui seraient viables économiquement parlant.

Pour rebondir sur la considération économique, il faut dire que c’est sur ce plan notamment que les bases de l’intégration continentale seront le mieux posées. Se dresse donc le défi du renforcement des institutions communautaires dont sont dotées les sous-régions africaines afin qu’elles deviennent le fer de lance du développement continental.

La notion de « misères » utilisée plus haut englobe à la fois les problèmes liés au chômage des jeunes, aux déficits de gouvernance ainsi qu’aux conséquences des violences armées sur les populations civiles et la stabilité des États. Dans cette perspective, briser le tabou de la libre circulation des personnes et des biens est une option salutaire qu’il faut associer à une intégration économique audacieuse soutenue de la pacification de l’Afrique, notre lieu commun de résidence. Aux décideurs et aux experts d’être de bons pédagogues. 

Gankama N'Siah

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