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L'Afrique sur la sellette

Samedi 5 Septembre 2026 - 18:03

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Dans la nuit du 28 au 29 août, le Niger a essuyé une attaque armée de grande ampleur dont il se relève à peine. Considéré par les autorités comme une tentative de déstabilisation des institutions visant la prise du pouvoir, l'assaut a échoué mais laissé des traces.

Alors que des interpellations de présumés auteurs et complices sont signalées dans le pays, au plan diplomatique les relations se tendent entre Niamey et des voisins : un officier des forces de défense et de sécurité a indiqué à la télévision nationale, Télé Sahel, que les assaillants avaient bénéficié du soutien de certains pays.

Cités au même titre que la Côte d'Ivoire, ou encore la France, qui n’ont pas réagi pour l’instant, le Tchad et le Bénin ont quant à eux rejeté des allégations sans preuve, assurant (pour le cas de Cotonou) ne pas avoir appuyé une telle expédition et encore moins été lié à une quelconque puissance extérieure à l'Afrique pour nuire à la souveraineté du Niger.

Le Niger, le Mali et le Burkina Faso, tous trois membres de l'Alliance des États du Sahel, sont confrontés aux attaques djihadistes dans lesquelles les populations civiles sont les principales victimes. La garantie de contenir ces violences et, à terme, d’éradiquer le phénomène du terrorisme qui en est le fondement, serait qu'au-delà de la zone affectée, les États africains mutualisent leurs efforts dans le partage des renseignements et envisagent une assistance mutuelle coordonnée en cas d'agression.

Les mécanismes d'un tel engagement existent bel et bien dans le cadre de l’Union africaine et des ensembles sous-régionaux mais ne sont pas mis en œuvre pour plusieurs raisons. Parmi lesquelles on peut citer, entre autres, la faible mobilisation des moyens humains, logistiques et financiers ; le peu d’attention accordé par les dirigeants aux questions de sécurité collective, les gouvernements préférant souvent faire cavalier seul car certains problèmes auxquels ils font face relèvent de la délicate gestion des équilibres sociopolitiques internes.

Dès lors que les luttes pour le pouvoir se transforment en crises ouvertes entre les acteurs en présence, au moment où s’ouvrent des pourparlers avec l’aide de médiateurs extérieurs, la tendance s'oriente beaucoup plus vers les compromis politiques que vers une intervention armée. En revanche, plus les foyers de tension se multiplient et perdurent, plus les positions des uns et des autres se durcissent. C’est ce à quoi l’on assiste à titre d’exemple dans la région du Sahel, au Soudan et à l’est de la République démocratique du Congo.

Si elle n'est pas le seul continent pris dans l’égrenage des situations douloureuses telles que celles rappelées plus haut, la récurrence des confrontations armées, le soupçon incessant entre Etats voisins et les récriminations qui en découlent mettent en permanence l'Afrique sur la sellette. Pour des causes qui retardent son développement.  

Gankama N'Siah

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