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ça se passe à l'école

Samedi 10 Février 2024 - 18:16

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Fait divers complètement anodin ? On s’interroge ! Nous sommes à Brazzaville.  Contre toute attente, des élèves revendiquant leur appartenance à un groupe dénommé les « Arabes » (*) s’agitent dans la cour de leur établissement scolaire et chantent pour célébrer le jour anniversaire de celui-ci. L’un d’eux grimpe sur le mât portant le drapeau national, le décroche et le remplace par le leur, une bannière bleue flottant au vent en lieu et place du premier.

La scène se déroule le 5 février dans le lycée technique éponyme, abritant les filières industrielle et commerciale, à Mpila. Comme si de rien n’était, les fêtards entreprennent le tour des classes au pas de course, toujours en chantant, scandant au passage qu’après l’armée ce sont eux (qui font la loi ?). Leur procession capturée sur des téléphones portables fait le buzz sur les réseaux.

Selon toute vraisemblance, ce matin-là, de jeunes élèves des lycées techniques du 1er mai de Bacongo, en tenue scolaire, ont rejoint leurs compères à bord d’un bus affrété pour la circonstance. Question, argumentent-ils de célébrer avec eux le jour anniversaire de l’école? Reconnaissons qu’en dehors de cet acte incompréhensible de tronquer le drapeau national contre une étoffe quelconque, aucune violence d’aucune sorte n’a été signalée.

Toute proportion gardée, la violence la plus insoutenable est bien le sort réservé aux couleurs nationales. Symbole de la souveraineté et de la fierté retrouvée, le drapeau vert-jaune-rouge, le nôtre, ne devrait en aucun cas être désacralisé de la sorte. Sur les lieux de l’incident, le ministre de l’Enseignement technique et professionnel venu prendre l’information à la source, à juste titre, a fait allusion à un « crime » inadmissible.

S’il n’y a pas péril en la demeure, la question reste posée de savoir comment en est-on arrivé là ? Quelle suite les meneurs de cette grave inconduite entendent-ils donner à ce coup d’essai de désobéissance aux symboles de la République ? Quelles que soient les circonstances, et c’est sans appel : l’école doit garder son statut de pont entre l’apprentissage et la volonté de réussir. 

* « Arabes » ou « Américains » sont les noms de code des bandits communément appelés « Bébés noirs », responsables d’actes criminels perpétrés contre la population civile à Brazzaville.  

 

Les Dépêches de Brazzaville

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