Opinion
- Éditorial - Les Dépêches de Brazzaville
- Réflexion - Jean-Paul Pigasse
- Le fin mot du jour - Gankama N'Siah
- Humeur - Faustin Akono
- Chronique - Boris Kharl Ebaka
- Brin d’histoire - Mfumu
- Tribune libre - Sergueï Lavrov
- Idées-forces - Les Dépêches de Brazzaville
- Analyse - Xinhua
Chine-AfriqueLundi 7 Décembre 2015 - 10:45 S’il fallait une preuve que la Chine fait aujourd’hui de l’Afrique l’une des priorités, sinon même « la » priorité de sa diplomatie, elle nous a été apportée de façon spectaculaire le week-end dernier lorsque le président Xi Jinping énonça, depuis Johannesburg, les actions que son pays compte entreprendre dans les années à venir pour accompagner le continent dans son émergence. Loin de s’en tenir à des promesses vagues comme le font la plupart des dirigeants de la planète lorsqu’ils visitent l’une ou l’autre des régions qui composent l’Afrique, le Numéro un chinois s’est engagé sur des chiffres précis, en tête desquels figurent 60 milliards de dollars d’aide et la formation simultanée de 280.000 techniciens dont 240.000 directement sur le continent. Premier partenaire commercial de l’Afrique, la Chine se positionne ainsi de façon claire comme la grande puissance qui a pris le mieux la mesure de l’enjeu stratégique que constitue aujourd’hui cette partie du monde. Se gardant bien de suspendre son aide, comme le font certains, à des conditions politiques qui rappellent fâcheusement l’époque coloniale, elle marque avec force sa volonté de devenir le premier allié d’un continent sur lequel vivra, à échéance de trente ou quarante ans, plus du quart de l’humanité. Pour dire les choses sans faux-semblant, elle tourne ostensiblement la page de son Histoire durant laquelle elle vécut repliée sur elle-même et le fait savoir sans le moindre complexe. Pour des pays comme le nôtre qui ont noué depuis longtemps des relations de confiance avec les autorités chinoises et qui en ont tiré déjà de grands bénéfices comme le prouvent les grands travaux d’infrastructures réalisés ces dix dernières années, il n’y a là rien de surprenant. Mais pour les pays qui n’ont pas réussi à convaincre les autorités chinoises de leur faire confiance le réveil est brutal puisqu’ils vont devoir mettre, comme on dit, les bouchées doubles s’ils veulent profiter à leur tour d’un savoir-faire qui s’avère essentiel. Quant aux grandes puissances qui assistent médusées et quelque peu dépitées à la percée présente de la Chine en Afrique, elles feront bien d’observer avec attention comment celle-ci procède pour nous séduire et d’adapter leurs méthodes de prospection, de vente, d’appui au monde en mutation accélérée qui est aujourd’hui le nôtre. Le temps leur est en effet clairement compté !
Les Dépêches de Brazzaville Edition:Édition Quotidienne (DB) Notification:Non |



















