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Conseil de sécurité

Lundi 7 Juin 2021 - 20:23

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S’il est logique que le président en exercice de l’Union africaine, Félix Tshisekedi, brigue aujourd’hui le poste de membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies pour la période 2022-2023, il le serait plus encore qu’il demande et obtienne enfin, s’il est élu, qu’au sein de ce même Conseil l’Afrique ait demain un représentant dont les pouvoirs seront les mêmes que ceux des Grands de ce monde.

 

Parlant au nom d’un continent sur lequel vit plus du quart de la population mondiale ce représentant aurait, en effet, de fortes chances d’être entendu car l’évolution du monde actuel montre les failles d’un système conçu au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, il y a donc un peu plus de soixante-quinze ans, qui a conféré le véritable pouvoir à cinq grandes puissances : la Chine, les Etats-Unis, la Fédération de Russie, la France et le Royaume-Uni. Cinq puissances qui s’opposent malheureusement de plus en plus clairement et sans le moindre complexe sur les grands dossiers relevant des Nations unies et dont trois au moins – les Etats-Unis, la Chine, la Russie – se défient ouvertement en tentant d’imposer leur loi au reste de la planète.

 

Nous l’avons écrit ici même à plusieurs reprises mais les évènements actuels, à commencer par la pandémie du coronavirus qui ravage le globe, le confirment de façon dramatique : la gouvernance mondiale héritée du millénaire précédent ne répond nullement aux difficultés qu’affronte aujourd’hui la communauté humaine. Au lieu d’aider à la résolution de ces problèmes elle en aggrave les effets, ce qui laisse mal augurer de l’avenir proche et lointain. D’où l’idée de simple bon sens selon laquelle l’Afrique, l’Amérique latine, l’Asie du Sud doivent disposer d’un siège permanent au sein du Conseil de sécurité, ou que leur membre non permanent ait les mêmes pouvoirs que les membres permanents. Ce qui, à travers cette institution très stratégique,  leur permettrait d’influer effectivement sur la conduite des affaires internationales.

 

L’Afrique, pour ne parler que d’elle, fera bien entendre sa voix dans cette enceinte si Félix Tshisekedi parvient, en sa qualité de président de l’Union africaine, à intégrer le Conseil et, sitôt élu pour deux années, s’emploie à faire bouger les lignes au sein de la gouvernance mondiale. Une tâche difficile, certes, mais que sa position de leader sur le continent africain rend désormais possible si du moins il est soutenu de façon claire par ses pairs dans cette démarche historique.

Les Dépêches de Brazzaville

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