Opinion

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"Diarrhée verbale"

Mercredi 31 Mars 2021 - 17:45

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Empruntons à Lutumba Simaro, le célèbre artiste-musicien de Rd-Congo, cette figure de style pour dire un mot sur les discours qui inondent les réseaux sociaux depuis la disparition, il y a quelques jours, du regretté président de l’UDH-Yuki, Guy-Brice Parfait Kolélas. Globalement, ceux qui s’expriment à visages découverts moyennant des vidéos expressément montées, ou qui le font de façon anonyme en usant de post-audio, ne peuvent être des gens qui portaient l’illustre disparu dans leurs cœurs.

Si ces personnes qui répandent la haine étaient des amies de la famille Kolélas, elles allaient se signaler autrement que par des appels au meurtre qu’elles relayent à longueur de journée sur la toile. Comme si le combat pour lequel Guy-Brice Parfait Kolélas s’était investi jusqu’au dernier jour de sa vie se résumait à la destruction de l’unité nationale que, depuis des décennies, les Congolais s’attachent à consolider avec beaucoup de sacrifices et de volonté.

Dans « diarrhée verbale », chanson qu’il lança en 1989, le « poète » Lutumba posait le constat que dans la vie de tous les jours, désormais, voisins, parents, admirateurs, détracteurs, se donnaient du plaisir à médire sans raison. Ils en venaient à considérer comme démunis de premier ordre des amis qui s’abstenaient de fréquenter les bistrots, assimilaient toutes les maladies qui frappaient leur entourage à la pandémie du sida.

Alors que la disparition de l’homme que ses intimes nommaient affectueusement Pako, diminutif de Parfait Kolélas, a été soudaine, affligeant ses familles biologique et politique, la récupération que tentent d’en faire certains Congolais de la diaspora est simplement scandaleuse et indigne de la mémoire du leader de l’UDH-Yuki.

Il n’est en effet pas certain que cette démarche qui consiste à susciter la peur parmi la communauté congolaise de l’étranger soit la meilleure qui vaille pour rendre hommage à Guy-Brice Parfait Kolélas. Dans son parcours politique, cet homme n’a pas eu d’ennemi permanent. Comme chacun de ceux qui s’engagent en politique, ici au Congo ou ailleurs, l’idéal a toujours été de souhaiter le bien de son pays.

Ce fut à-peu-près le sien quand Pako exposa son « plan Parfait pour le redressement du Congo», à des variables près déroutant, si on peut dire, mais aucune ligne de celui-ci n’incite les Congolais à s’entretuer pour arriver au développement. Cessons les haines !

Les Dépêches de Brazzaville

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