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Mercredi 8 Septembre 2021 - 18:15

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Seulement dix printemps d’expérience démocratique puis la Guinée est retombée dans les travers des pronunciamientos forcément convenus. Comme le firent à leur tour Lansana Conté en 1993, Moussa Dadis Camara en 2008, c’est un autre soldat qui a pris le relais, le 5 septembre dernier, en se hissant à la tête de l’Etat au moyen de pressions armées.

Dimanche, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, 37 ans, est apparu en treillis, béret rouge vissé sur la tête, en promettant le bonheur au peuple de Guinée. Comment s’y prendra-t-il concrètement vu le temps relativement court qu’il faudra à son régime d’organiser le retour à l’ordre constitutionnel ? Si l’on n’y prend garde, la transition annoncée, avec un gouvernement d’union nationale ou pas, pourrait être confrontée à un problème de calendrier. La rupture de quiétude prendrait sa source là.

Cela est aussi connu. Les lendemains d’une prise du pouvoir par les armes ont toujours été suivis d’une batterie de mesures de légitimation préjudiciables pour les libertés collectives et individuelles. Le couvre-feu, la fermeture des frontières, l’injonction faite aux dignitaires du régime déchu de rentrer dans le rang au risque d’être accusés de rébellion remplissent cet objectif. Le 6 septembre, ils avaient tous répondu à la première convocation publique. Ils ont écouté l’officiant sans broncher. Qui ne dit mot ne consent pas toujours.

Pour l’instant, la Guinée du lieutenant-colonel Doumbouya ne peut prétendre jouir de la reconnaissance extérieure. Confrontée à de crises plus importantes, la communauté internationale a crié au coup de force sans plus. Les meneurs du putsch profitent de cet attentisme en prenant pour une totale adhésion à leur mouvement les cris de jubilation entendus dans certains quartiers de Conakry le jour de leur sortie des casernes. Les mêmes cris pourront leur être retournés quand la liberté, l’eau et le pain ne seront distribués aux Guinéens dans les délais raisonnables.

Les Dépêches de Brazzaville

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