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Et Kaboul...

Mardi 17 Août 2021 - 20:09

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Rien n’est plus étonnant que de voir l’émotion qui s’est emparée de la sphère politique, diplomatique, médiatique mondiale au lendemain de la prise de Kaboul, capitale de l’Afghanistan, par les Talibans. Aussi prévisible qu’inévitable depuis des mois, la défaite des Etats-Unis et la victoire des héritiers d’Oussama Ben Laden ont pris une dimension planétaire inédite qui nous ramène loin dans le passé, notamment lorsque les troupes américaines, vaincues, durent quitter brusquement le Vietnam.

Ayant évoqué à plusieurs reprises dans les colonnes de ce quotidien la conclusion plus que probable de l’affrontement entre les Talibans et les forces occidentales, nous sommes bien placés pour dire, ou plutôt redire ici même que cette victoire fera du Proche-Moyen-Orient, dans les mois et les années à venir, l’une des zones les plus instables, les plus troublées, les plus dangereuses de la planète. Ceci parce que, d’une part, les fanatiques islamistes tireront de la victoire des Talibans en Afghanistan la conclusion que la violence est la meilleure arme dont ils disposent pour imposer leur loi d’airain aux sociétés civiles dont ils entendent prendre le contrôle et parce que, d’autre part, les grandes puissances telles que la Chine, la Russie, l’Inde soutiendront les Talibans d’une manière ou d’une autre afin d’assurer leur propre sécurité au risque de favoriser l’extension de l’extrémisme religieux.

Tout indique aujourd’hui que cette partie du monde, déjà troublée par le conflit larvé qui oppose l’Iran et Israël à propos de l’acquisition par Téhéran de l’arme nucléaire, tout indique donc qu’elle va se trouver au cœur de conflits croissants dont le pire, c’est-à-dire un conflit de grande ampleur, pourrait sortir. Or, si l’on regarde et si l’on écoute avec attention les commentaires de toute nature, officiels et officieux, qui accompagnent la prise de Kaboul par les Talibans, force est de constater que cette dangereuse réalité n’est nullement prise en compte. Exactement comme dans le siècle précédent lorsque les États occidentaux n’ont pas pris la juste mesure des conflits régionaux latents qui devaient provoquer deux guerres mondiales quelques années plus tard.

Dans le contexte très particulier que génère aujourd’hui la chute de Kaboul, espérons que l’Union africaine mettra en place sans plus tarder un organe de réflexion stratégique qui nous permettra de prévoir les crises à venir afin d’en protéger nos populations. Une action éminemment stratégique qui seule peut nous permettre d’anticiper les crises à venir et donc de mieux protéger nos populations.

Les Dépêches de Brazzaville

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