Opinion

  • Éditorial

Fossé

Mardi 11 Janvier 2022 - 18:22

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel


L’une des conséquences les plus graves mais pas encore reconnue de la pandémie provoquée par la covid-19 est bien le creusement du fossé qui sépare les nations riches de l’hémisphère nord des nations pauvres de l’hémisphère sud.  Alors, en effet, qu’au début de ce nouveau millénaire le niveau de vie des peuples des deux hémisphères semblait devoir enfin se rapprocher grâce à l’émergence économique des pays du grand Sud, c’est bien le contraire qui se produit aujourd’hui comme le démontre de façon accablante la montée de la misère en Afrique, en Amérique latine, en Asie.

Aggravé par le fait que les vaccins permettant de lutter contre l’expansion du coronavirus et de ses variants ne parviennent que lentement et faiblement dans ces parties du monde alors qu’ils sont généralisés dans la partie nord du globe terrestre, ce fossé provoquera inévitablement et à brève échéance des crises sociales de grande ampleur. Outre le fait que celles-ci se traduiront de façon tragique par la perte de centaines de millions de vies humaines, elles provoqueront simultanément des migrations de grande ampleur sur les cinq continents.

Ces migrations, les peuples des pays riches, dont les dirigeants refusent toujours de regarder la vérité en face, les paieront au prix fort comme le montrent les problèmes auxquels se trouve confrontée la vieille Europe dont les frontières sont prises d’assaut par des centaines de milliers, voire même des millions de femmes et d’hommes jeunes venus du Proche-Orient ou de l’Afrique en quête de travail, d’aide sociale, de médicaments, d’hébergement, de protection. Un mouvement humain qui prend de jour en jour une ampleur telle que les barrières élevées par les Etats pour le stopper ou le réduire s’avèreront très vite incapables de le contenir.

Dans ce contexte humanitaire pour le moins inquiétant, la seule réponse que la communauté mondiale puisse apporter à la crise de grande ampleur qui se dessine et qui sera à coup sûr ingérable est d’aider les pays émergents à résoudre les problèmes de toute nature auxquels ils se trouvent confrontés. Autrement dit de mettre en œuvre une sorte de Plan Marshall planétaire qui permettra aux pays pauvres de se développer plus vite qu’ils ne le font et qui dissuadera leurs populations de migrer pour vivre mieux.

Jamais, en vérité, la coopération entre les nations du nord et du sud n’a été aussi nécessaire, aussi impérative.

Les Dépêches de Brazzaville

Edition: 

Édition Quotidienne (DB)

Notification: 

Non

Éditorial : les derniers articles
▶ 19/8/2022 | Marchés domaniaux
▶ 17/8/2022 | Prix à payer
▶ 16/8/2022 | Ruée
▶ 15/8/2022 | Fiac
▶ 14/8/2022 | Retour au charbon
▶ 11/8/2022 | Combat
▶ 11/8/2022 | Audacieuses !
▶ 10/8/2022 | Le bout du tunnel
▶ 9/8/2022 | Exemple
▶ 8/8/2022 | Apatridie