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Mercredi 21 Avril 2021 - 19:28

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La région sahélo-saharienne, en proie à la montée des désordres armés depuis la disparition, en 2011, du chef de l’Etat libyen, Mouammar Kadhafi, fait encore parler d’elle avec le décès brutal du président du Tchad, Idriss Deby Itno. Depuis l’annonce de ces événements par les militaires, le 20 avril, dirigeants politiques, analystes, citoyens ordinaires et autres spécialistes se sont exprimés. La plupart pour expliquer combien la situation ainsi créée pourrait éventuellement être source d’ambiguïtés.

Depuis trois décennies, Idriss Deby Itno s’était donné une stature de soldat aimant le camp de bataille, à la fois dans son pays et en dehors des frontières de celui-ci. Il expliquait cet engagement par la volonté de préserver la quiétude, et non pas parce qu’il était le plus fort de tous, ou un homme insensible à l’émotion ou à la peur. Il a cru jusqu’au bout qu’il œuvrait ainsi, au risque de sa vie, pour l’intérêt général.

Arrivé aux affaires en 1990, les armes à la main, le chef de l’Etat tchadien a eu maille à partir, à plusieurs reprises, avec une multitude de rebellions menées parfois par ses anciens proches. Ces dernières années, il a surtout été aux avant-postes de ce fameux champ de bataille pour contrer les groupes terroristes disséminés dans plusieurs pays frontaliers du sien, réalisant parfois qu’il s’y exposait tout seul. Cette fois, les hommes venus de Libye comme on l’entend dire ont eu raison de lui.

Mises à part les informations plus ou moins contradictoires, qui entourent les circonstances du décès du Maréchal Deby, le fait est que l’homme qui tenait son pays de haute main les trente dernières années n’est plus. Il est cependant clair que dans le cadre de la lutte engagée par les pays dits du G5 Sahel (Tchad, Mauritanie, Burkina Faso, Mali, Niger) avec le soutien de la France, tout est à refaire, d’autant plus que le bras armé de cet état-major, le Tchad, a perdu son principal commandant de troupes.

Les obsèques du défunt président Deby étant fixées au vendredi 23 avril, le temps nous dira si les Tchadiens s’engageront désormais sur la voie de la concorde nationale pour organiser une transition pacifique. Et si les partenaires de N’Djamena accompagneront avec la volonté de transparence qu’il faut le dénouement de celle-ci. Quant à la lutte contre le terrorisme, cheval de bataille du G5 Sahel, la disparition de son courageux combattant pourrait aider à connaître à quoi elle retourne réellement.
 

Les Dépêches de Brazzaville

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