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Poumon

Mardi 26 Octobre 2021 - 19:07

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Comme il fallait s’y attendre au vu des tensions internes qui minent cette partie de notre continent, le Soudan a plongé ces derniers jours dans une crise interne dont personne ne peut dire aujourd’hui ce qu’il sortira. Venant se surajouter à la crise qui dévaste l’Etat régional du Tigré dans le nord de l’Ethiopie, à la crise latente que provoque entre l’Ethiopie, l’Egypte et le Soudan la construction d’un gigantesque barrage sur le Nil Bleu, à l’incertitude qui règne sur la stabilisation de la Libye et autres crises moins visibles qui rongent l’immense espace géographique bordant la Mer Rouge, ce coup d’Etat projette de la « Corne » de l’Afrique l’image d’une zone géopolitique de plus en plus instable qui pourrait sombrer dans le chaos comme cela s’est produit sur toute l’étendue du Sahel après l’assassinat programmé de Mouammar Kadhafi par les puissances occidentales.

Cette déstabilisation croissante suscite dans le milieu diplomatique, ou plus exactement au sommet de nombreux Etats africains, une inquiétude justifiée à propos du maintien du siège de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, capitale de l’Ethiopie. Comment, en effet, les dirigeants ou les représentants des cinquante-cinq pays qui composent cette vaste et puissante communauté humaine pourraient-ils s’y retrouver et comment les institutions qui la composent pourraient-elles y travailler sereinement si la crise qui menace l’unité de ce pays venait à s’aggraver comme tout, aujourd’hui, semble l’indiquer ?

De ce qui précède naît l’interrogation suivante qui, bien sûr, ne se trouve pas encore formulée publiquement mais qui occupe de plus en plus les esprits dans la sphère diplomatique et stratégique africaine : ne faut-il pas anticiper les événements à venir et relocaliser le siège de l’UA avant que le pire se produise ? Le pire, c’est-à-dire une déstabilisation générale de l’Ethiopie et de la Corne de l’Afrique qui, elle-même, mettrait en péril l’organisation de l’UA dans son ensemble.

Cette interrogation, si l’on y réfléchit bien, nous concerne très directement, nous Africains du Bassin du Congo, qui occupons le cœur du continent et qui sommes appelés à jouer un rôle essentiel dans la lutte contre le dérèglement climatique que la Conférence de Glasgow sur le climat confirmera à coup sûr dans les deux semaines à venir. Installer le siège de l’UA au cœur du deuxième, sinon même du premier poumon de la planète, projetterait, en effet, de notre continent, à l’échelle planétaire, l’image d’une communauté humaine résolument tournée vers la protection vitale de la nature. Nous aurions tout à y gagner, nous Africains de tout le continent.

Les Dépêches de Brazzaville

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