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Sauver le Mali

Mercredi 15 Décembre 2021 - 19:45

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Oui, il est impérieux d’apporter au Mali l’aide dont il a besoin pour ne pas s’enfoncer davantage dans l’instabilité. Pour ne prendre qu’un exemple, sur dix-neuf régions que compte ce pays, seules cinq réunissent les conditions minimales de sécurité. Le propos est du ministre des Affaires étrangères du gouvernement de transition, Abdoulaye Diop. Interviewé par Jeune Afrique, le 8 décembre, le chef de la diplomatie malienne a dépeint une situation sécuritaire précaire, accentuée par l’isolement de Bamako sur la scène internationale.

Plaidant pour être mieux écoutées que les autorités de transition ne le sont à ses yeux aujourd’hui, le diplomate a formellement déclaré que son pays a besoin de l’aide de ses partenaires parmi lesquels la Communauté économique des États de l'Afrique de l'ouest (Cédéao), l’Union africaine et l’Union européenne. Il est convaincu que sans l’intervention de ces derniers, les délais fixés pour conclure la transition seront repoussés en même temps que le calendrier électoral. A tout prendre, l’horizon n’est pas parfaitement éclairé pour la transition malienne. Pourtant, il faut un jour sortir du régime d’exception actuel.

Comme l’une des options pour créer un consensus autour de la volonté de reconquérir la confiance intérieure, les militaires au pouvoir s’organisent pour convoquer les assises nationales. Pour cela, la diplomatie s’active sur le plan extérieur dans le but de rallier des facilitateurs à cette cause. Pour l’instant, le Mali s’est un peu compliqué la tâche en engageant un bras de fer avec la Cédéao, en particulier, quand il a expulsé son représentant à Bamako au mois d'octobre dernier.

 Au fond, la question de sauver le Mali se pose sur deux axes. Le premier est que la communauté internationale ne l’abandonne pas à son sort. Si les groupes terroristes qui contrôlent des pans entiers du territoire de ce pays ne se sentent pas inquiétés, ils étendront davantage leur influence plus loin et mettront en péril de nombreux pays alentour. Les actions sporadiques meurtrières qu’ils mènent au Burkina Faso, au Niger, au Tchad, et bien au-delà, montrent que leur capacité de nuisance n’a pas faibli.

Le second axe est d’ordre intérieur. Le fait accompli du double putsch étant depuis consommé, le mieux à faire pour les militaires et le gouvernement en place est de créer les conditions d’un apaisement général dans le pays et auprès de ses partenaires. Un tel schéma passe par la clarification du calendrier de la transition. Qu’il invoque son amour pour le pays n’est pas un problème. Mais un régime transitoire ne peut disposer des moyens appropriés pour surmonter tous les défis si en plus l’environnement international lui est hostile.

Les Dépêches de Brazzaville

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