Balkanisation de la RDC. Leïla Zerrougui : « Personne ne conteste le Congo dans ses frontières héritées de la colonisation »

Samedi 18 Janvier 2020 - 12:51

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Pour la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en RDC, qui s’est exprimée sur le sujet au cours d’une conférence de presse animée le mercredi 15 janvier, il n'a jamais existé un tel plan dans le chef de la communauté internationale ni des Etats voisins.

Le concept est désormais sur toutes les lèvres. Depuis que l’actuel coordonnateur de « Lamuka », Adolphe Muzito, a fait part de son souhait de voir la RDC marcher sur le Rwanda et, éventuellement, l’annexer pour faire taire ses ambitions expansionnistes sur le Congo, plusieurs voix se sont exprimées à ce sujet, agitant le spectre de la balkanisation dont le pays serait l‘objet. Dans leurs dernières sorties médiatiques, l’opposant Martin Fayulu ainsi que le cardinal Fridolin Ambongo ont alerté sur le risque de balkanisation qu’encourrait le pays tout en dénonçant le projet d’implantation des populations rwandaises dans les villages abandonnés par des autochtones à Beni, Butembo et dans les territoires environnants. Le plan s’était accéléré, à en croire les deux personnalités.

Pour la représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en RDC qui s’est exprimée sur le sujet au cours d’une conférence de presse qu’elle a animée le mercredi 15 janvier, il n‘a jamais existé un tel plan dans le chef des Etats voisins. « Il n’y a personne, que ce soit dans la communauté internationale, que ce soit chez les voisins qui a des visées territoriales sur le Congo », a-t-elle démenti. Soutenant que personne ne conteste le Congo dans ses frontières héritées de la colonisation, Leïla Zerrougui estime que le sentiment national est tellement enraciné aujourd’hui dans les esprits qu’aucun Congolais ne souhaiterait se détacher du giron national. Se séparer du Congo et créer un Etat passerait, de son point de vue, pour une utopie, à en croire la cheffe de la Monusco qui ne voit pas « comment on peut balkaniser le Congo si on n’a pas pu le faire au moment où il n’y avait même pas l’autorité de l’Etat ».

Et d’ajouter : « La balkanisation, c’est quoi ? C’est séparer les territoires et  créer de nouveaux Etats. Est-ce qu’il y a aujourd’hui dans la RDC un peuple congolais qui dit : je veux être indépendant de Kinshasa ? »  Pour Leïla Zerrougui, il ne faut pas se leurrer. La balkanisation dont on parle n’est qu’une illusion surtout dans un contexte social où les gens réclament plus de présence de l’Etat, plus de développement, plus d’équité et souhaitent qu’on en finisse avec les groupes armés.

Elle a, par ailleurs, réaffirmé que la Monusco travaille avec les autorités congolaises pour le rétablissement de l'ordre public sur l'ensemble du territoire national. Une façon de répondre indirectement à ceux qui allèguent une complicité entre la Monusco les groupes rebelles dont les ADF aux fins de déstabilisation de la RDC. « Avec tout ce travail que nous faisons, comment peut-on dire que nous sommes complices de la balkanisation ? », s'est-elle indignée.      

Alain Diasso

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