Basket : la NBA compte puiser ses futures stars en Afrique

Jeudi 25 Juin 2020 - 19:52

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Au mois de mars dernier, avant que la pandémie du coronavirus ne vienne tout balayer sur son passage, la NBA était prête à lancer à Dakar (Sénégal), une compétition de basket inédite sur le continent africain : la Basketball Africa League (BAL en sigle).

La BAL est une compétition panafricaine organisée et subventionnée par la NBA, la ligue américaine de basket et encadrée par la Fédération internationale de basket-ball (FIBA). Cette nouvelle ligue, regroupant des équipes de douze pays (Sénégal, Mali, Algérie, Egypte, Maroc, Cameroun, Mozambique, Rwanda, Tunisie, Madagascar, Angola et Nigeria), est la dernière étape d’un processus que la NBA entend opérer en Afrique pour les années à venir.

Car, depuis plusieurs décennies déjà, la prestigieuse instance du championnat américain s’intéresse de très près à l’Afrique. D’ailleurs, quelques icônes de cette discipline sont issues de ce continent : le Nigérian Hakeem Olajuwon et le Congolais Dikembe Mutombo (RDC) sont respectivement premier et deuxième meilleurs contreurs de l’histoire de la NBA. L’année dernière, quatre Africains (3 joueurs et un dirigeant) de l’équipe de Toronto ont remporté le titre de champion en NBA. C’est dire que la NBA mise pour le futur de sa ligue, sur le potentiel des basketteurs en herbe qui pullulent sur le continent africain.

Pour maximiser ce potentiel africain, les promoteurs de la BAL, dont le Sénégalais, Amadou Gallo Fall, président de ce nouveau tournoi, veulent  professionnaliser davantage le basket en Afrique. Pour cela, la NBA apporte toute son expertise et sa puissance financière : organisation et commercialisation du tournoi, production audiovisuelle, formation des entraîneurs et des arbitres, subvention des équipes pour leur permettre de voyager, de payer les joueurs, d’en recruter d’autres ou d’embaucher du personnel médical. Et son partenariat avec la FIBA, une première en Afrique, permettra d’aider les fédérations nationales à mieux structurer leur administration.

Avec la BAL, l’idée n’est pas de créer un pont entre les Etats-Unis et l’Afrique, où les clubs de la NBA viendraient recruter des joueurs locaux. « Il y aura de la détection, mais je ne veux pas donner l’impression qu’on est en Afrique pour servir de tremplin, précise Amadou Gallo Fall. Ce que je veux, c’est développer des héros du continent qui vont inspirer les plus jeunes. Quand ces jeunes verront ces vedettes jouer, ils se diront qu’ils peuvent un jour intégrer la BAL. C’est plus réaliste que la NBA. Si tu es talentueux, tu as un chemin qui te permet d’évoluer. » La BAL devrait tracer son sillon à travers le continent. De toute façon, comme le dit Amadou Gallo Fall, les meilleurs arriveront toujours en NBA.

Pour preuve, en 2019, près d’une vingtaine de joueurs originaires d’Afrique, évoluaient en NBA. Un chiffre en constance augmentation année après année.

La BAL, qui aura ses bureaux à Dakar sera diffusée à travers les télés, partout en Afrique et dans le monde. Le championnat, qui se jouera à Dakar, Monastir, Luanda, Lagos, Caire, Rabat et Kigali, est destiné à promouvoir et développer des talents africains mais aussi à attirer des talents qui vont venir du reste du monde. Créer de l’engouement, faire émerger des champions, professionnaliser le sport, démultiplier le nombre de fans, rendre accessible le basket et miser sur la formation. Tout cela pour développer le sport en Afrique et toucher le plus grand nombre de jeunes.

Boris Karl Ebaka

Légendes et crédits photo : 

Photo: Le basketteur Serge Ibaka

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