Belgique : exposition « Arts Congo Eza » au parc de Bruxelles

Lundi 21 Septembre 2020 - 14:15

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« Arts Congo Eza », qui se déroule jusqu’au 27 septembre, est une exposition qui montre le travail d’artistes congolais ou d’ascendance congolaise qui vivent en Belgique et majoritairement à Bruxelles, expliquent les organisateurs.

« Arts Congo Eza » est organisée par Anne Wetsi Mpoma, curatrice et directrice de la Wetsi Art Gallery, une galerie destinée à valoriser la créativité et le savoir-faire d'artistes de talent principalement issus du monde Noir, et Gia Abrassart, journaliste et fondatrice de l’espace culturel « Café Congo ».

L’exposition propose des œuvres d’une douzaine d’artistes belgo-congolais au Parc Royal de Bruxelles. Des photographies d’œuvres originales imprimées sur de larges panneaux sont exposées au parc de Bruxelles, de part et d’autre de la grille faisant face au palais royal de Bruxelles. Les artistes exposés sont Agnès Lalau, Naomi Waku, Mireille Asia Nyembo, Odette Watshini Messager, Mufuki Mukuna, Nelson Louis, Bayunga Kialeuka, Gilles Mayk Navangi, Florence Akyams, Bers Grandsinge, Lisette Lombe, Precy Numbi, David Katshiunga.

Quelques artistes qui exposent

Agnès Lalau est diplômée de La Cambre. Elle questionne des notions telles que la féminité, la transmission et la culture en basant sa démarche artistique sur l'hybridité et le brassage culturel. Son travail est basé sur une histoire à la fois personnelle et collective.

Lisette Lombé se décrit comme une artiste plurielle, passe-frontières, qui s’anime à travers des pratiques poétiques, scéniques, plastiques, militantes et pédagogiques. Ses espaces d’écriture et de luttes s’appuient sur ses racines métissées, son parcours de femme, de mère, d’enseignante. Co-fondatrice du Collectif L-SLAM, elle a été récompensée, en 2017, en tant que Citoyenne d'Honneur de la Ville de Liège, pour sa démarche d'artiviste et d’ambassadrice du slam aux quatre coins de la Francophonie.

Bayunga Kialeuka est un artiste né à Kinshasa en 1974. Sa famille a émigré aux États-Unis à l'âge de cinq ans. Formé aux Beaux-Arts de Miami, l'œuvre de Bayunga retrace l'évolution de ses perspectives sur le symbolisme de l'intégrité culturelle à travers le prisme de l'immigrant perpétuel. L'artiste fonde son travail sur sa propre expérience migratoire entre Kinshasa, Miami et, plus récemment, Bruxelles. Cette expérience l'a conduit à reconsidérer le classisme, non seulement d'un point de vue économique, mais aussi d'un point de vue racial et culturel. Son immersion dans l'Amérique noire l'a amené à observer comment ces trois dimensions s'articulent pour construire, de manière permanente, des citoyens de seconde zone et, dans son cas, le sentiment d'être un immigrant perpétuel.

Né en 1973, le peintre Mufuki Mukuna explore constamment le large éventail de la figuration libre. Il considère l'art conceptuel comme un prétexte à l'auto-justification, au verbiage intellectuel ou aux arguments de vente. Son travail matérialise son "sentiment d'être au monde". Il exprime son amour de la vie et de la beauté, caché derrière le cynisme de la souffrance et de la solitude. Dans chaque tableau, Mufuki peint une histoire humaine, souvent dans des teintes lumineuses et nocturnes, toujours en contradiction entre les racines européennes et africaines. Il propose une "peinture spirituelle", brute et vivante, douloureuse et fascinante.

Mireille Asia Nyembo, née en 1984 à Kalemie, en République démocratique du Congo, a étudié le design d'intérieur à l'Académie des Beaux-Arts de Kinshasa et a parallèlement participé à des ateliers d'arts visuels avec Kinartstudio. Artiste multidisciplinaire, elle utilise la photographie, la vidéo et l'installation. Son travail est le résultat de l'expérimentation de divers processus, recherches littéraires et cinématographiques, qui lui permettent de s'exprimer avec une grande liberté formelle notamment sur son expérience traumatisante liée à l'expérience de la guerre dans l'Est du Congo.

Odette Watshini Messager est née à Kinshasa d'une mère congolaise et d'un père français. L’univers féminin à la fois intimiste et engagé d’Odette Watshini Messager, explique-t-on, se décline par des peintures figuratives où l’artiste exprime ses origines multiples. Elle utilise l’art pour témoigner des aspects positifs de son africanité. La femme africaine donne vie à son inspiration. Ensuite elle crée à partir de ses engagements, de ses ressentis, de ses voyages, de la mémoire qu’elle veut transmettre, de son corps et de ses rencontres.

Né en 1955, Bers « Grandsinge » est l'un des premiers artistes congolais à s'être installé en Belgique pour défendre l'art contemporain, sur les conseils de Jean Michel Basquiat qu'il rencontra à Harlem en 1985 par l'intermédiaire du célèbre peintre new yorkais Franco. Jean-Michel Basquiat l’avait surnommé "le plus grand singe d'Afrique", et l’artiste a adopté ce sobriquet pour devenir « Grandsinge », artiste aux multiples facettes, passionné d'art et à la créativité inépuisable : plasticien, photographe, designer textile, artiste numérique et musicien. Son œuvre, explique-t-on, traduit une vision toute singulière de l’humanité où l’Homme est en mouvance perpétuelle,  vit une mutation constante dans un univers en changement. L’artiste se place délibérément dans le Temps et l’Espace, empreint d’une vision cosmique.

Peintre né à Kinshasa en 1987, David Katshiunga a émigré à Bruxelles, en Belgique, à l’âge de 6 ans. Actuellement, il vit et travaille à Anvers comme peintre et graphiste. Les nombreuses expériences qu'il a connues au cours de son enfance ont forgé sa personnalité et l'ont inspiré à peindre de grands portraits en noir et blanc sur des panneaux de bois monumentaux. Il choisit ce matériau car il est vivant, émouvant et même imprévisible comme la vraie vie. Il s'efforce de montrer les êtres humains et de sublimer leur humanité à travers son art. Les racines africaines de Katshiunga ont un impact sur son travail, mais il pense lui-même que ces références s'insinuent inconsciemment dans tout son travail. L’œuvre de David Katshiunga présentée à l’exposition « Arts Congo Eza » est reproduite sur la couverture du livre « Dochter van de dekolonisatie » (Fille de la décolonisation » de la belgo congolaise Nadia Nsayi, sorti en 2020.

 

 

 

Patrick Ndungidi

Légendes et crédits photo : 

Photo 1 la curatrice Anne Wetsi Mpoma faisant une visite guidée à quelques visiteurs. Photos 2 et 3 vue de deux oeuvres exposées.

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