Centrafrique : l’experte indépendante de l’ONU indignée par la poursuite des violences

Samedi 18 Octobre 2014 - 12:15

Abonnez-vous

  • Augmenter
  • Normal

Current Size: 100%

Version imprimableEnvoyer par courriel

Estimant que seuls ceux qui trouvent un intérêt à la souffrance du peuple centrafricain sont à l'origine des dernières violences, Marie Thérèse Keita Bocoum a condamné avec la plus grande fermeté les attaques perpétrées contre des officiers de maintien de la paix, le personnel des Nations unies et la population civile à Bangui.

Dans une déclaration, l’experte a dit que rien ne justifiait les actes odieux et les violences actuelles en RCA au moment même où la communauté internationale a pris des dispositions pour venir au secours du peuple centrafricain à travers la Minusca devenue effective depuis le 15 Septembre. « De telles violences à l’encontre de ceux qui sont venus aider le gouvernement et le peuple centrafricains ne peuvent être orchestrées et perpétrées que par ceux-là qui tirent et qui ont toujours tiré profit de la souffrance de ce peuple depuis des décennies », a-t-elle déclaré. « Les attaques contre les officiers de maintien de la paix, le personnel des Nations unies et la population civile constituent un manquement grave au droit international humanitaire dont les auteurs et les instigateurs, ne doivent pas rester impunis », a ajouté Marie-Thérèse Bocoum.

Malgré la situation précaire qui prévaut en Centrafrique du fait des violences, l’experte indépendante a encouragé le gouvernement, les populations et toutes les parties-prenantes à poursuivre leurs efforts de coopération avec les instances nationales et/ou internationales d’enquêtes compétentes. Ceci, dans le but d’identifier, de poursuivre et de sanctionner les auteurs et instigateurs de ces actes ignobles constitutifs de crime grave contre les droits des gens. Pour ce faire, Marie-Thérèse Keita Bocoum a exhorté le gouvernement en collaboration avec la Minusca « à ouvrir des enquêtes afin d’identifier les coupables, de les arrêter et de les traduire devant la justice »

« J’en appelle à ceux qui se livrent à ce genre d’attaques pour leur rappeler qu’ils ont l’obligation de respecter les droits de l’homme en général et le droit international humanitaire en particulier, et de cesser immédiatement toute violence à l’égard des forces de maintien de la paix, du personnel des Nations unies, des acteurs humanitaires et de la population civile en RCA », a-t-elle insisté.

L’Experte indépendante a décrié la poursuite des violences en Centrafrique après que les Nations unies ont subi au total 14 attaques perpétrées par des hommes armés entre les 8, 9, 10 et 15 octobre à Bangui – dont trois contre des convois de l’organisation. Ces attaques coûté la vie à deux soldats du maintien de la paix et fait 13 blessés parmi ces soldats. Quant au nombre des victimes civiles de ces attaques, il s’élève à plus de 10 morts, 55 blessés et 6500 nouveaux déplacés.

Hors de Bangui la capitale, des violences et autres attaques de cette nature sont perpétrées contre les humanitaires, les civils ou contre les forces internationales. Elles sont aussi rapportées dans les régions de l’intérieur telles que : Dekoa, Bouar, Bambari, Bossangoa.

Nestor N'Gampoula