Centre hospitalier universitaire de Brazzaville : vives tensions entre le personnel médical et les malades

10-2-2014 à 11:47

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Le centre hospitalier universitaire (CHU) de Brazzaville a été le théâtre d’une agitation le samedi 8 février 2014, entre 20 heures et 21 heures 30. À l’origine de la colère des malades et visiteurs, la décision prise par le corps médical du service Pédiatrie nourrissons d’envoyer à la morgue un enfant de quatre ans qu’il avait déclaré décédé

La famille a qualifié de hâtive la démarche des médecins. « J’ai vu cette maman arriver avec, dans les bras, son petit enfant qui agonisait. Quelques minutes après, j’ai vu la femme sortir en pleurant, et le petit enfant emporté par un autre d’environ dix ans qui se dirigeait vers la morgue. C’est un scandale ! Comment peut-on confier un cadavre, si c’en est un, à un enfant ? », a témoigné une femme qui ne cachait pas sa colère devant ce genre de pratique.

« Quand nous avons observé le corps, on s’est rendu compte que l’enfant bougeait encore. C’est à cause de cette précipitation que les médecins tuent les gens ici. Il faut que le ministre de la Santé vienne constater la situation », a ajouté une autre femme, aux prises avec un agent en blouse.

La situation est allée en empirant au point que pour prévenir le pire, le service médical a dû alerter la police qui est arrivée à 20 heures 30 à bord de deux véhicules 4 x 4. Une présence qui a permis de rétablir le calme pendant que le corps de l’enfant était remis en salle pour un meilleur examen.

« Cet enfant nous a été apporté alors qu’il était déjà décédé entre le domicile et l’hôpital. Nous n’avons fait que constater le décès et devant cette impuissance à agir, la seule décision était d’envoyer le corps à la morgue », a déclaré l’un des responsables du service. Et un autre agent du même service de pédiatrie d’ajouter : « Nous nous occupons des malades et non des morts. Nous pouvons, le cas échéant, accompagner les parents d’un mort, mais ce n’est pas notre rôle. Dans le cas présent, nous ignorions que c’était un enfant qui devait emporter le corps à la morgue. »

Alors que se déroulait l’« enquête » de la police, qui avait plus l’allure d’une médiation, une coupure d’électricité est venue ajouter au courroux de la foule. Même si elle n’a duré que quelques minutes, cette brève coupure a plus ou moins écorné l’image du CHU de Brazzaville.

Après toutes les consultations, le corps médical a rendu son verdict sur le décès de l’enfant. Est revenue à la police la charge de consoler la famille éplorée qui a repris courage et a quitté les lieux sans créer de désordre.

Jocelyn Francis Wabout