Chronique : l’Afrique au cœur de la transition écologique

Jeudi 27 Février 2020 - 20:14

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La majorité des experts économiques considère que l’Afrique demeure un continent d’avenir qui doit, cependant, faire face aujourd’hui à une évolution démographique sans précédent. Cette réalité d’une hausse démesurée de la population africaine s’explique par le fait qu’actuellement une naissance sur deux est enregistrée sur ce continent. Or, à l’horizon 2050, les projections laissent apparaître que la population africaine devrait atteindre 2,5 milliards, et donc être largement supérieure à celle de l’Inde, et a fortiori à celle de la Chine.

Phénomène aggravant, cette évolution s’accompagne d’une très forte urbanisation qui est sans équivalence ailleurs dans le monde. Les besoins énergétiques de ce continent vont donc littéralement explosés dans les prochaines décennies et devenir considérables, notamment, dans le domaine de l’énergie électrique, mais aussi dans ceux qui touchent aux transports et à l’industrie.

On estime actuellement la consommation énergétique du continent africain à environ huit milliards d’euros par an. Or, il serait nécessaire d’investir 48 milliards d’euros par an jusqu’en 2030-2040, soit six fois plus qu’aujourd’hui, pour combler les besoins énergétiques du continent. C’est donc en Afrique subsaharienne notamment, que se jouera l’un des défis majeurs du développement de ce continent, et concomitamment celui de la bataille contre le dérèglement climatique. En d’autres termes, la manière dont l’Afrique réussira à faire face à ses besoins énergétiques conditionne, d’ores et déjà, sur le plan écologique outre son propre avenir, celui du reste du monde.

Pour faire face à ce défi, les pays africains doivent de plus en plus s’engager d’eux-mêmes vers un développement moins carboné, car ils détiennent d’abondantes ressources en énergies renouvelables qui peuvent être développées dans de nombreux domaines. Pour cela, l’hydroélectricité reste la piste de développement la plus viable pour l’Afrique, sous réserve d’adopter une saine gestion de l’eau à travers les fleuves et cours d’eau pour ne pas tarir, en particulier, les bassins de sédimentation et les écosystèmes aquatiques qui participent à la fertilisation des terres agricoles.

Cette contrainte incontournable doit, de plus, être associée à un contrôle drastique de la déforestation, afin de maintenir un niveau d’humidité permanent des sols. En ce sens, l’hydroélectricité peut trouver une voie innovante de développement, notamment à travers des parcs à turbines immergées dans les bassins formés par les cours d’eau, afin d’offrir une alternative plus économique et respectueuse de l’environnement que les traditionnels barrages.

L’énergie solaire est aussi une opportunité supplémentaire en production d’énergie pour certains Etats africains dont les conditions climatiques locales sont moins favorables ou plus adaptées à ce type de production. Il faut aussi savoir que la transition énergétique de l’Afrique offre une chance inespérée de création d’emplois à l’ensemble du continent. Même s’il semble difficile, à l’heure actuelle, d’estimer l’impact en termes de gain net d’emplois qui pourrait en découler, il est évident que les Africains voudront participer, à tous les niveaux, à ce formidable défi qu’offre, pour eux, la transition énergétique.

Boris Kharl Ebaka

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