Ciment gris : des effets mitigés de l’interdiction d’importation

Vendredi 14 Décembre 2018 - 12:15

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La production nationale est passée à cinq cent trente mille tonnes, depuis l'entrée en vigueur de la mesure, en fin juin dernier. En analysant les chiffres, l’on observe une baisse progressive de la production, avec un pic jamais dépassé en janvier 2018.

Publiée par la direction de la Recherche et des statistiques sous la responsabilité de la Direction générale de la politique monétaire et des opérations bancaires, le dernier bulletin d’informations statistiques économiques de la Banque centrale du Congo (BCC) indique une variation en dents de scie de la production de ciment gris dans la partie ouest de la République démocratique du Congo. Toutefois, les chiffres rassurent tout de même de la bonne évolution de la mesure d’interdiction de l’importation de ce produit de très grande consommation mais la principale contrainte est l’absence d’une demande d’envergure. L’on est parti de 95 950 tonnes de ciment en janvier 2018 à seulement 83 818 tonnes en juin de la même année. Les sociétés de cimenterie n’ont plus atteint le niveau de janvier au cours du premier semestre. Cela s’explique, notamment, par la disponibilité d’un stock de fin d’année, en décembre 2018, estimé à quatre-vingt-quatre mille tonnes de ciment.

Pour le gouvernement central, la mesure d’interdiction, du reste saluée par les cimentiers nationaux, visait à contribuer directement à la protection et la relance de l’industrie du ciment dans le pays. Par ailleurs, elle s’applique dans la partie ouest du territoire national. Sur le terrain, cette mesure a permis aux cimenteries nationales de commencer à répondre progressivement aux besoins de consommation situés à environ cinq cent quarante mille tonnes au cours du premier semestre. Au-delà, les consommateurs ont commencé à constater une réelle stabilité du prix du sac de 50 kg de ciment gris. Selon la BCC, le volume actuel ne représente que 44 % de la capacité de production des sociétés de cimenterie. Il s’agit de trois grandes sociétés qui opèrent dans la partie ouest du pays : PPC, Cimco et Cilu. Ensemble, elles peuvent produire jusqu’à 2,5 millions de tonnes par an, un niveau largement supérieur aux besoins de consommation réels. Peut-être que la construction d’Inga 3 au Kongo central va contribuer à doper la consommation dans cette partie.

Laurent Essolomwa

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