Climat des affaires : les députés préoccupés par le mauvais classement du Congo

Mardi 19 Novembre 2019 - 16:50

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Selon le dernier rapport Doing Business 2019 établi par la Banque mondiale, pour évaluer la qualité de l'environnement des affaires, le pays occupe le 180e rang sur les cent quatre-vingt-dix pays enquêtés.

Préoccupé par le positionnement qui n’arrange guère la situation économique du pays, le député Denis Christel Sassou N’Guesso a récemment interpellé le Premier ministre, chef du gouvernement, sur les mesures et réformes envisagées pour permettre au Congo de devenir une terre d’investissements. Ceci pour que la diversification économique ne soit pas un simple slogan mais une réelle vision. En effet, l’élu de la première circonscription électorale d’Oyo, dans la Cuvette, a indiqué que malgré la teneur de certaines lois votées, il était toujours difficile de diversifier une économie si on ne la rend pas avant tout attractive par des mesures structurantes afin qu’elle devienne compétitive.

Pour ce faire, l’amélioration du climat des affaires est, selon lui, une condition sine qua non pour diversifier une économie. « La place qu’occupe notre pays dans le dernier classement Doing Business, c’est-à-dire 180e sur cent quatre-vingt-dix, nous rappelle qu’à ce jour, au-delà des efforts indéniables, notre économie n’est pas attractive, ce qui ne permet pas d’attirer les investissements nécessaires qui lui permettraient d’atteindre l’objectif de diversification », a-t-il détaillé.

Dans ce classement, Maurice et le Rwanda occupent respectivement les première et deuxième places. Le Togo a, quant à lui, gagné quarante places. « Ce qui montre qu’il n’existe pas de miracles incantatoires en économie et seules les mesures et des réformes structurelles et structurantes réussies permettent de transformer positivement et durablement une économie », a conclu Denis Christel Sassou N’Guesso dans son état des lieux.

Des mesures prises pour améliorer le climat des affaires

Répondant à cette question, le chef du gouvernement, Clément Mouamba, a reconnu que le rang du Congo n’est pas du tout enviable, mais le champ de la diversification était loin d’être un slogan encore moins une mode. « Certains pays ont avancé, mais nous ne sommes pas dans cette trajectoire où nous pensons que le Congo ne peut pas se permettre de rester très loin sur cette liste. C’est pourquoi, il y a toutes les mesures qui sont prises, elles sont en cours pour qu’elles puissent produire leurs effets. Ces mesures prises pour améliorer le climat des affaires sont nombreuses », a déclaré le Premier ministre.

Parmi ces mesures, il a cité la centralisation des formalités pour la création des entreprises, la signature électronique, la fiscalité qui devra être non confiscatoire, la politique monétaire et financière, les lois protégeant le patrimoine et favorisant la seule concurrence ainsi que celles permettant de réorganiser et de ramener la bonne gouvernance.

« Le climat des affaires est une quête en cours mais qui doit absolument aboutir. Il y va de notre crédibilité à tous et de la crédibilité de tout le pays, de son positionnement sous-régional et international. La diversification n’est pas une option, mais une obligation salutaire dictée par la réalité, la nécessité. Elle nous permet d’assoir une économie plus résiliente aux chocs exogènes et capable de mieux affronter tous les aléas de la vie économique avec un moins de débat possible », a conclu Clément Mouamba.

Notons que le classement Doing Business prend en compte, entre autres, la facilité de créer une entreprise, d’obtenir un permis de construire, un crédit ou l’électricité, de franchir les frontières avec des marchandises, de payer ses impôts ou de régler un différend commercial dans les cent quatre-vingt-dix pays étudiés.

Le président de l’Assemblée nationale, Isidore Mvouba, de son côté, a demandé au gouvernement d’accorder une attention particulière à la diversification de l’économie qui revient le plus souvent lors des questions orales avec débat. « Nous sommes au plus bas, au même moment, il y a des pays comme le Togo qui gagne quarante places. C’est que nous pouvons aussi le faire. Est-ce qu’un homme d’affaires, surtout anglo-saxon, peut venir investir ici quand il sait que lorsqu’il va à Singapour, à Doubaï, à Hong Kong le même jour, il crée son entreprise, se rend compte qu’il y a l’électricité, l’eau et il travaille ? », s'est interrogé le président de la chambre basse du parlement.

 

 

 

 

Parfait Wilfried Douniama

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