Climat : un sommet à New York pour faire pression sur les dirigeants mondiaux

Mardi 17 Septembre 2019 - 16:00

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La rencontre, prévue le 23 septembre, devra permettre d’obtenir des chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que d’autres décideurs, que chacun  de leurs pays révise à la hausse leurs plans de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Les assises ont pour but de mettre au défi d’agir les États, les régions, les villes, les entreprises, les investisseurs et les citoyens. Elles constitueront une étape déterminante dans la coopération politique internationale et inciteront de vastes mouvements de soutien visant à favoriser la mise en application de l’Accord de Paris.

Des militants écologistes, des jeunes en provenance de plusieurs pays d’Afrique, d’Europe, d’Asie et d’Amérique, dont la célèbre Suédoise Greta Thunberg, 16 ans, vont faire le déplacement de New York.

Pour les Nations unies, ces assises doivent permettre de lutter efficacement contre le changement climatique, puisque ses effets catastrophiques pour l'environnement se font ressentir partout. C’est ainsi qu’en rapport avec cette situation, l’ONU insiste sur le fait que même si, économiquement, la lutte contre le réchauffement climatique coûte cher en perturbant les économies, elle coûtera encore plus cher demain si rien n’est fait.

Lors de la rencontre, une soixantaine de pays devrait annoncer des plans climat renforcés, a indiqué Alden Meyer, expert de l’ONG américaine Union of concerned scientists. « C’est un marathon, pas un sprint », a-t-il ajouté, précisant que la vraie date butoir est fin 2020, quand l’Accord de Paris obligera les signataires à revoir leur copie.

Evoquant les efforts consentis par certains pays dans le cadre de l’Accord de Paris, le Climate action tracker relève que pour l’instant, seuls le Maroc et la Gambie ont des engagements « compatibles » avec l’objectif du document. Or, pour avoir une chance de stopper le réchauffement du globe à +1,5°C (par rapport au XIXe siècle), il faudrait que le monde soit neutre en carbone en 2050, selon le dernier consensus de scientifiques mandatés par l’ONU.

Si chaque pays est libre de fixer ses objectifs et son année de référence, il faut signaler que l’état actuel des engagements des principaux pays émetteurs, tels que formalisés dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat signé en 2015, est le suivant :

La Chine

Pékin s’est engagé à ce que les émissions de dioxyde de carbone du pays se mettent à baisser d’ici à 2030. En attendant cette date, les experts assurent que la Chine devrait y parvenir. De plus, le pays a aussi fixé comme objectif que 20% de sa consommation d’énergie proviennent d’énergies non fossiles (renouvelables et nucléaire).

Les Etats-Unis

Washington avait déjà pris des engagements mais ils datent de la présidence de Barack Obama : réduction des émissions de gaz à effet de serre de 26 à 28% en 2025, par rapport à 2005. Son successeur, Donald Trump, en ce qui le concerne, a annoncé en 2017 son intention de sortir de l’Accord de Paris (effectif en 2020), et engagé immédiatement l’abattage des piliers du plan climat de son prédécesseur, sur les centrales au charbon et les véhicules, notamment.

L’Union européenne

Les pays membres de l’organisation se sont engagés à une réduction de 40% d’ici à 2030, par rapport à 1990. Dans cette perspective, la Commission européenne prévoit déjà que cet objectif sera dépassé. Elle veut faire adopter par les pays concernés un but plus ambitieux : une neutralité climatique en 2050.

Pays ayant adopté le but de neutralité carbone

Il s’agit du Bhoutan et de Suriname, selon une étude de l’ONG britannique ECIU présentée en juin. En dehors de ces deux petits pays, de nombreux autres ont annoncé leur intention de l’être d’ici à 2050 ou avant. Parmi eux, certains Etats ont inscrit l’objectif dans leur loi ou dans leurs engagements pour l’Accord de Paris, selon le site climatechangenews.com. Ce sont : la Norvège et l’Uruguay : en 2030 ; la Suède et l’Etat américain de Californie : en 2045 ; le Fidji, la France (vote final du Sénat fin septembre), le Royaume-Uni : en 2050

L’adoption de cet objectif est loin de signifier que ces pays sont sur la trajectoire pour y parvenir, comme l’illustre l’exemple français, où le Haut conseil pour le climat a jugé en juin que les actions engagées restaient « insuffisantes ».

Notons que l’adoption de l’Accord de Paris en 2015 était une étape clé de la lutte contre les changements climatiques. Cet Accord vise principalement à maintenir l’augmentation moyenne de température dans le monde bien en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, et autant que possible à 1,5°C pendant ce siècle.

 

Nestor N'Gampoula

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