Coronavirus : encore aucun impact visible à Brazzaville

Lundi 16 Mars 2020 - 16:30

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En dépit de l’annonce faite hier par le gouvernement d’un premier cas confirmé de coronavirus au Congo, les Brazzavillois, certes inquièts, continuent de vaquer normalement à leurs occupations quotidiennes.

Dans les rues de la ville capitale, les règles d’hygiène et de prévention (se désinfecter les mains, des distances à respecter…) évoquées par le gouvernement ne peuvent pas être respectées quand les établissements scolaires, les marchés, les transports en commun, les administrations publiques, les églises, bref, tous ces milieux qui drainent des foules sont ouverts et continuent de fonctionner comme si de rien n’était.

Abordées, quelques commerçantes affirment compter sur la protection divine. « L’Etat qui est censé prendre des mesures préventives n’a pas ordonné la fermeture des marchés. Donc, je continuerai à vendre mon foufou pour prendre soin de mes enfants. Je sais que mon Dieu prendra soin de moi », a confié Brigitte, une commerçante au marché Mikalou, dans le 6e arrondissement.

La quarantaine révolue, François, gérant d’une boucherie au marché Ouenzé, continue également à faire fonctionner son entreprise. Il déplore cependant, « la légèreté dont fait montre l’Etat face à cette situation qui concerne des vies humaines. Pourtant, les grandes puissances qui ont des systèmes sanitaires performantes prennent des mesures drastiques », a-t-il relevé.

« Pourquoi c’est deux semaines plus tard qu’on informe la population de la présence de cette maladie ici ? Nous côtoyons sans nul doute d’autres potentiels porteurs, c’est inquiétant », a lancé un passager à bord d’un transport en commun.

Découvert en décembre dernier, au centre de la Chine, le COVID-19 a déjà emporté plus de 2300 vies humaines. Pour stopper la contamination, des pays touchés tels que la Chine, l’Italie, la France, les Etats-Unis… ont ordonné la fermeture des établissements publics ainsi que la suspension des liaisons aériennes.

En Afrique subsaharienne, par exemple, certains pays comme le Burundi, où aucun cas n’est recensé pour le moment, ont pris des mesures préventives telles que : tous les passagers en provenance de Chine, de Corée du Sud, d’Iran, d’Italie, d’Allemagne, de France, du Japon et d’Espagne seront mis en quarantaine. Les Burundais sont appelés à limiter leurs déplacements à l’étranger.

En dépit du site de la quarantaine mis en place à Kintélé, dans la périphérie nord, le gouvernement congolais devra renforcer le contrôle au niveau des frontières et plateformes aéroportuaires.

Par ailleurs, suite à la déclaration officielle du gouvernement annonçant le premier cas confirmé du Covid-19 sur le territoire congolais, la peur gagne de plus en plus les Brazzavillois qui s’interrogent sur la capacité des structures sanitaires à contenir l’épidémie en cas de propagation.

Dans la capitale, malgré l’appel à l’apaisement lancé par le gouvernement qui dit "renforcer les mesures de prévention", les populations se ruent dans les pharmacies pour se procurer des masques non conventionnels, adaptés aux travaux de peinture et aux besoins chirurgicaux, une manière pour eux de se conforter face au manque des masques FFP2.

 

 

 

 

Lopelle Mboussa Gassia

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