Coronavirus : le G20 va injecter 5.000 milliards de dollars dans l'économie mondiale

Jeudi 26 Mars 2020 - 18:00

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Les pays membres du G20 ont annoncé leur intention d'injecter plus de 5.000 milliards de dollars dans l'économie mondiale tandis que la directrice du Fonds monétaire international (FMI) les a exhortés à doubler les fonds d'urgence du FMI.

Ce jeudi, le sommet par visioconférence des dirigeants des 20 pays les plus industrialisés de la planète a tenté d'apporter une réponse coordonnée à la pandémie qui menace le monde malgré des mesures de confinement sans précédent affectant plus de trois milliards de personnes. A l’issue de la conférence, ils ont annoncé leur intention d'injecter plus de 5.000 milliards de dollars dans l'économie mondiale pour contrer les répercussions sociales, économiques et financières de la pandémie du nouveau coronavirus.

Les 20 plus grandes économies mondiales ont aussi annoncé qu'elles travailleraient avec les organisations internationales « afin de déployer un ensemble de mesures financières solides, cohérentes, coordonnées et rapides ». Et ont appelé ces institutions, dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et le FMI, à « aider les pays émergents et en développement à faire face aux chocs sanitaires, économiques et sociaux du Covid-19 ».

Dès l’issue de la réunion virtuelle du G20, la directrice du FMI, Kristalina Goergieva, a appelé les pays du G20 à doubler les capacités de financement d'urgence de l'institution de Washington. Citée dans un communiqué, elle alerte : « Nous devons agir de pair avec l'ampleur du défi. Pour nous, au FMI, cela signifie travailler avec vous pour renforcer encore notre réponse à la crise… Nous traverserons ensemble cette crise. Ensemble, nous préparerons le terrain pour une reprise plus rapide et plus forte ».

Le FMI demande l'appui des grandes puissances pour doubler sa capacité de financement d'urgence, accroître les liquidités mondiales, soutenir l'action des créanciers, alléger le fardeau de la dette de ses membres les plus pauvres en période de récession, rappelant que l'accroissement des liquidités mondiales avait été efficace pendant la crise mondiale de 2009.

La dirigeante du FMI a également insisté sur le fait que le degré de contraction du PIB mondial cette année et la rapidité de la reprise dépendent directement de la vitesse dans la maîtrise de la pandémie « et de la force et de la coordination de nos mesures de politique monétaire et budgétaire ». Cette semaine, le FMI s'est dit « prêt à déployer toute sa capacité de financement, soit 1.000 milliards de dollars ».
Pour l'heure, le FMI dispose d'un fonds d'urgence de 50 milliards de dollars.

L’humanité menacée
« Le Covid-19 menace l'humanité entière », a alerté pour sa part le patron de l'ONU qui a lancé mercredi un Plan de réponse mondial face au coronavirus assorti d'un appel à des dons à hauteur de 2 milliards de dollars.

« L'ensemble de l'humanité doit riposter. Une action et une solidarité mondiale sont cruciales… Les réponses individuelles des pays ne vont pas être suffisantes », a fait valoir Antonio Guterres qui avait évoqué la semaine dernière la perspective de millions de morts à défaut de solidarité. L'objectif de ce plan « vise à nous permettre de combattre le virus dans les pays les plus pauvres au monde et répondre aux besoins des personnes les plus vulnérables, notamment les femmes et les enfants, les personnes âgées, les handicapés et les malades chroniques », a précisé le chef de l'ONU.

Plus d'un tiers de l'humanité est désormais confiné. Avec des conséquences économiques à travers toute la planète : Les experts s'attendent à une explosion des demandes d'allocations chômage aux Etats-Unis. Au Kenya ou en Côte d’Ivoire les filières agricoles liées à l’exportation sont à l’arrêt. En France, on estime à 35% la perte d'activité économique due aux mesures de confinement.

Après deux séances de gains, la Bourse de Tokyo a lourdement rechuté jeudi, sur fond de crainte d'une flambée de l'épidémie dans la capitale japonaise. Londres, Francfort et Paris, qui avaient repris espoirs ces deux derniers jours, ont également ouvert en baisse, effrayés par la propagation de l'épidémie, en particulier aux Etats-Unis, première économie de la planète.

L'Europe reste l'épicentre de la maladie

Avec les deux tiers des décès, l'Europe reste l’épicentre de la pandémie. 250.000 cas de nouveau coronavirus y ont été officiellement diagnostiqués dont plus de la moitié en Italie (74.386) et en Espagne (56.188). "Bien que la situation reste très préoccupante, nous commençons à voir des signes encourageants", a néanmoins déclaré jeudi le patron de la branche Europe de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Hans Kluge.
L'augmentation du nombre de cas en Italie, pays le plus durement touché au monde avec plus de 7.500 décès, semble ralentir « mais il est encore trop tôt pour dire que la pandémie a atteint son apogée dans ce pays », a-t-il ajouté. L'Espagne, devenu la veille le 2e pays le plus touché au monde devant la Chine en nombre de morts, a franchi jeudi la barre des 4.000 décès. Mais c’est aux Etats-Unis que le coronavirus progresse le plus rapidement, avec près de 68.572 cas de Covid-19 confirmés et plus de 1.000 morts.
AFP

Bénédicte de Capèle avec AFP

Légendes et crédits photo : 

Le G20 a tenu une vidéo-conférence de crise, ce jeudi (Gary Ramage / POOL / AFP)

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