Coronavirus/Afrique : l'africanisation du concept de confinement

Vendredi 24 Avril 2020 - 14:50

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Avec environ 24.350 cas confirmés, l'Afrique s'inquiète de la pandémie du coronavirus qui a déjà coûté la vie à 1.195 personnes selon le Centre pour la prévention et le contrôle des maladies de l'Union africaine (UA). 

Cette crise, à la fois sanitaire et économque, commence à avoir des impacts, selon une récente étude du cabinet Finactu, qui dresse un état des lieux du continent et examine les bonnes mesures à adopter fin de limiter un choc économique. A en croire les derniers chiffres de Worlometers, le Covid-19 a déjà fait 158 729 morts pour 2.308 316 infections dans le monde. En Afrique, la pandémie prend une nouvelle dimension. Le continent compte environ 24.350 cas confirmés, 1.195 décès et plus de 5833 personnes guéries du Covid-19. L’Afrique du Sud, l’Égypte, l’Algérie et le Maroc ont franchi le cap des 2000 infections.

L'Afrique n'est pas épargnée par la crise sanitaire et économique. Le débat s'est ouvert autour des mesures à adopter afin de limiter les effts de la crise sur les économies africainses. Intitulé "Le coronavirus et l'Afrique : quelles mesures pour atténuer l'impact de la crise sur les économies africaines ?", l'étude du cabinet Finactu vise à "nourrir la réflexion opérationnelle des dirigeants africains dans la meilleure réponse à cette crise, sans hésiter à rappeler l'humilité qui est de mise, face à une pandémie absolument inédite". Depuis le début la crise du covid-19, la plupart des pays africains ont mis en place des mesures de confinement total ou partiel.  

L'Afrique ne doit pas appliquer les mêmes dispositions mises en place en Europe, en Chine ou au Etats-Unis. Dans un document, Finactu soutient que le confinement est "la solution la plus efficace contre la propagation du virus". "Il s'agit d'une solution de pays riches, peu réalistes dans des pays africains" soutien néanmoins l'étude. "Le confinement total ne serait pas supportable économiquement en Afrique car les populations comptent plus de 50% ou 60% de travailleurs informels". Malgré la mise en place de fonds de soutien aux entreprises et aux populations dans certains pays, le confinement n'est pas faisable partout en Afrique, reconnaît le rapport.   

Ainsi, quelques Etats africains"ont intelligemment africanisé le concept de confinement", souligne l'étude. Dans ces pays, au lieu de décréter un confinement total, les gouvernements se sont contentés d'isoler quelques villes. "L'idée sous-jacente est de casser le lien entre les centres urbains où se concentrent l'épidémie, et les zones rurales dans lesquelles la possibilités de soigner les malades serait faible compte tenu des moyens de santé plus rares encore que dans les capitales et où les populations sont moins jeunes", explique Finactu, citant l'exemple du Bénin, du Burkina Faso et du Togo. 

Au vu de l'étude, qui ne prend pas en compte les solutions africaines plutôt efficaces contre le Covid-19, " la pénurie d'équipements médicaux adaptés inquiète". Finactu rappelle qque l'Afrique, qui abrite 1,3 milliard d'habitants, compte à peine 7000 lits et 1 médecin pour 5000 personnes, oubliant le poids de la solidarité de la famille et occultant l'efficacité des plantes médicinales. Malgré le manque d'infrastructures sanitaires, les derniers chiffres semblent confirmer que l'Afrique maîtrise la situation dans la plupart des pays.

Le rapport reconnaît que le continent, dont la population est plus jeune et beaucoup moins concentrée par l'obésité, est moins touchée par le coronavirus, qui est une "maladie de personnes âgées, de  comobordité et de personnes en surpoids". Selon les estimations de l'étude, un pays comme le Bénin, où 5% de la population est âgée de plus 60 ans, sera 5 fois moins touché que le Royaume-Uni.  

Face aux conséquences de cette crise à la fois sanitaire et économique, les investisseurs institutionnels, notamment les caisses de sécurité sociale, jouent un rôle central dans le soutien à l'économie. Pour l'étude, "l'Afrique toute entière doit accélérer le renforcement de ses investisseurs institutionnels que sont les assureurs, les institutions de sécurité, les caisses de dépôts et consignation, etc. et plus que jamais aussi, les gouvernement doivent généraliser les systèmes de prévoyance sociale à toutes les populations". Dans ce sens, l'Afrique va devoir inventer son propre modèle, conclut le rapport. 
 

Noël Ndong

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